Maison-forte de Borny
Contenu
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Titre
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Maison-forte de Borny
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Description
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Le domaine de Borny est constitué au XIIIe siècle à partir de terres ecclésiastiques dont des patriciens messins deviennent les avoués. La maison-forte est citée dès 1238.
Dès le XIIe siècle, le territoire semble être partagé entre deux bans, celui de Saint-Vincent et celui de Saint-Pierre. Seul l’abbé de Saint-Vincent paraît toutefois avoir conservé des droits seigneuriaux. Des seigneurs-voués se substituent progressivement aux abbés et deviennent, dans les faits, les principaux détenteurs du domaine, moyennant le versement d’une rente à l’abbaye.
Vers 1250, les abbés de Saint-Vincent choisissent comme voué un membre de la famille Le Gronnais. Au début du XIVe siècle, Philippe Le Gronnais détient ainsi des droits sur Borny. En 1300, un jugement rendu contre l’abbé de Saint-Vincent l'autorise à titre de voué à disposer du tiers des droits. À sa mort, Philippe transmet ses droits à son fils Jean Le Gronnais, dit Griffonel. La vouerie passe ensuite aux deux fils de ce dernier, Joffroy et Thiébaut, puis à Jean Le Gronnais dit Griffonel, fils de Thiébaut.
En 1369, Jean Le Gronnais dit Griffonel vend la terre de Borny à Bertrand Le Hungre, riche Messin et possesseur foncier, qui la revend en 1380 à Thiébaut Migomay, homme du paraige de Porsaillis. Jean Schneider mentionne toutefois une engagère fictive datée de 1388, selon laquelle Jean Le Gronnais dit Griffonel aurait alors vendu Borny directement à Thiébaut Migomay.
À la fin du XIVe siècle, Borny constitue le centre d’un domaine agricole particulièrement important. Il comprend de vastes terres labourables, couvrant au total 333 journaux, ainsi que 270 journaux de bois et des prés produisant jusqu’à 35 chars de foin. L’importance des troupeaux permet également l’existence d’une fromagerie, activité rarement documentée pour la période médiévale.
En 1404, le territoire de Borny est toujours partagé entre deux bans. Le premier relève de l’abbé de Saint-Vincent, de Thiébaut et de son gendre Jean Renguillon qui a épousé Alix Migomay ; le second est détenu par Thiébaut Migomay seul. Sur ce dernier domaine, son métayer élève alors 7 chevaux, 13 bovins, 6 porcs et 218 brebis.
La maison-forte est partiellement détruite pendant la guerre de 1444, puis reconstruite aux frais des voués. Jean Renguillon la transmet à son fils Pierre, dernier représentant de son lignage. Par le jeu des alliances matrimoniales et des successions, Borny passe ensuite à Nicolle Remiat, qui apparaît en 1519 comme seigneur-voué et seigneur de la « franche maison-forte de Borny ». Sa fille Anne, épouse de Philippe de Raigecourt, en hérite à son tour. Vers 1570, le domaine revient enfin à leur petite-fille Anne Desch, épouse de Flory de Marteau.
Sur le cadastre de 1811, la maison-forte appelée « la cour » est au centre du village de Borny, alors commune autonome. Elle est devenu un couvent : les bâtiments, reconstruits en pierre de Jaumont, ont été exhaussés sur quatre étages. Une tourelle crénelée subsiste, visible de la rue de Colombey.