1473 - L'attaque surprise du 9 avril : la trahison, la peur et le miracle

Contenu

Titre
1473 - L'attaque surprise du 9 avril : la trahison, la peur et le miracle
Nature de l'événement
Batailles et faits d'armes
Calendrier messin
Personnage principal
Nicolas d'Anjou, duc de Lorraine (1449-1473)
Autres personnages
Jacquemin Harelle
Date
9 avril 1473
Description de l'événement
Il est 4h du matin, ce 9 avril 1473, quand deux gros chars chargés de tonneaux se présentent devant la Porte Serpenoise. En cette saison où les vignerons partent travailler avant l'aube, les gardiens de la porte ne se méfient pas. Dès qu'ils sont sous la porte, les faux marchands dressent une machine destinée à empêcher la herse de se refermer. Aussitôt, des soldats sortent des tonneaux. La taille des charrettes empêche la fermeture des portes, où rentrent quelques centaines d'hommes qui avaient passé la nuit cachés dans le bourg Saint-Arnoul : aux cris de « Vive Lorraine! », ils partent à l'assaut de la rue Serpenoise, jusqu'à la Vieille Boucherie, en attendant que l'armée du duc de Lorraine, qui stationnait à Saint-Ladre, vienne occuper la vile.

Mais le châtelain de la porte part aussitôt donner l'alerte dans la ville endormie, tandis qu'un boulanger, Harelle, lui aussi levé tôt, s'enferme dans le châtelet d'entrée : il parvient à baisser la herse, qui est articulée, et bloque le char et empêche le passage des cavaliers. Le duc renonce à entrer dans la ville, où les premiers assaillants sont bloqués. Les soldoyeurs tardent à intervenir, ce sont les bouchers et les habitants du quartier qui repoussent les soldats jusqu'à la porte Serpenoise. Certains réussissent à fuir en se glissant sous les chars, d'autres sont massacrés. À 7h du matin, les combats ont pris fin et le jeune duc Nicolas a dû fuir avec son armée.

Une telle attaque surprise est exceptionnelle : menée par les conseillers alsaciens et rhénans du jeune Nicolas, elle porte la marque de Charles le Téméraire et du « méchant Fritz », l'usurpateur du Palatinat du Rhin. Considérée comme déloyale, elle déshonore le prince. Rétrospectivement, les Messins ont eu peur, et croient que la cité a failli mourir. Le gouvernement messin attribue la victoire à l'aide divine, plus qu'au boulanger Harelle qui sera honoré au XIXe siècle. Surtout, il entend commémorer ce matin de terreur, pour qu'on sache combien Metz a été protégée par un miracle, et combien les ducs de Lorraine sont des traîtres. Le récit officiel de la victoire circule. En 1475, une chapelle commémorative, Notre-Dame-des-Lorrains, est construite près de la cathédrale, but d'une procession annuelle, chaque 9 avril. Persuadé que les assaillants voulaient exterminer la population, Philippe de Vigneulles fait à son tour de 1473 un des tournants de l'histoire messine.

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