1546 – Un meurtrier se réfugie dans la cathédrale, la justice viole le droit d’asile
Contenu
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Titre
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1546 – Un meurtrier se réfugie dans la cathédrale, la justice viole le droit d’asile
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Nature de l'événement
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Justice et faits divers
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Personnage principal
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Girard
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Période
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23 au 26 mai 1546
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Description de l'événement
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Les registres du chapitre de la cathédrale racontent un fait divers qui oppose les chanoines et la justice de la cité en 1546 : le 23 mai au soir, au cimetière Saint-Jacques, près de la place Saint-Sauveur, un jeune pâtissier du quartier est attaqué par Girard, serviteur de Livier Roucel, et meurt de ses blessures devant chez lui. Girard cherche à fuir, mais les portes de la ville sont fermées pour la nuit : il se réfugie alors dans la maison d'un certain Nicolas, un maçon de la rue des Roches. Nicolas hésite entre son devoir d'hospitalité et celui de livrer un criminel à la justice : à 2h30 du matin, il fait partir Girard. Celui-ci erre peut-être dans la ville, avant de chercher refuge dans la cathédrale. Arrivé dans le choeur, il s'agenouille devant le doyen Christophe Henrici et lui demande asile au nom de Dieu. Les chanoines l'installent en sécurité dans la sacristie. Mais la justice de Metz entre en scène : François Querquine accepte l'asile mais installe des sergents devant les portes de la sacristie pour empêcher Girard de sortir. Les chanoines protestent : les sergents n'ont pas le droit de rentrer dans la cathédrale : ils doivent monter la garde à l'extérieur, sinon, ils profanent le lieu saint. Les sergents ont des ordres et commencent leur garde. Les chanoines vont alors se plaindre au palais des Treize : Michel Le Gronnais leur répond que le crime a eu lieu dans un lieu consacré, le cimetière Saint-Jacques : selon le droit canon, le criminel ne bénéficie donc pas du droit d'asile. Mais les chanoines ne discutent pas du fond de l'affaire : ils veulent faire partir les sergents de l'espace sacré.
Vers midi, les sergents de la ville s'emparent de Girard et l'emprisonnent. Indignés par cette profanation, les chanoines cessent les offices dans la cathédrale.
Le mercredi 26 mai, alors que les négociations entre la ville et le chapitre se poursuivent, l'évêque suffragant procède à la réconciliation de la cathédrale profanée : accompagné du clergé de la cathédrale "et de plusieurs gens de bien", il part en procession de l'autel et parcourt la cathédrale et le cloître en chantant et en aspergeant les murs d'eau bénite.
La cité refuse de rendre le criminel, et les chanoines sont contraints de reprendre la célébration des offices.
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Classe |
| Les Treize |
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