Objets religieux
Les objets religieux peuvent être des objets liturgiques, utilisés pour le culte (des calices par exemple) ou des biens personnels des clercs. Ils témoignent ainsi de la vie des religieux mais aussi de leur prestige. D'autres sont des dons liés au culte des reliques, comme les bijoux offerts pour être exposés sur le reliquaire de saint Etienne à la cathédrale.
Liste des objets rreligieux
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Anneau de saint Arnoul L'anneau de saint Arnoul, contemporain de l'évêque de Metz mort en 641, est en or et enchâsse une cornaline gravée d'origine peut-être antique. La pierre est gravée d'un filet de pêche entouré de poissons, symbole de la foi au Christ. Ce motif fait allusion à la légende de saint Arnoul : Arnoul aurait jeté son anneau dans la Moselle en disant : "Je me croirai pardonné de mes fautes le jour où cet anneau me sera rapporté". Un jour, le cuisinier de l'évêque lui rapporte un anneau qu'il a été étonné de trouver dans le ventre du poisson qu'il préparait. Arnoul reconnaît son anneau, signe que ses péchés sont pardonnés. Si le motif est folklorique, la légende est très ancienne : l'historien Paul Diacre qui l'a mise par écrit, disait la tenir de Charlemagne lui-même, arrière-arrière-petit-fils de l'évêque. Chaque année, le 16 août, jour anniversaire de la mort d'Arnoul, les chanoines de la cathédrale le portaient en procession jusqu'à l'abbaye Saint-Arnoul où reposait son propriétaire. Ils accrochaient l'anneau à l'évangile qui servait lors de l'office, en le surveillant pour que les moines ne s'en emparent pas. Puis ils le ramenaient jusqu'à la cathédrale. L'anneau a échappé à la destruction lors de la Révolution ; il est toujours conservé au trésor de la cathédrale. -
Bague offerte par Martinette Les patriciens et les chanoines ne sont pas les seuls à offrir des bijoux au trésor de la cathédrale, pour les suspendre au cou du buste-reliquaire de saint Étienne. En 1535, à sa mort, Martinette, servante d'un chanoine, offre elle aussi une bague en or avec un rubis.
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Calice de Saint-Pierre-aux-Nonnains Ce calice en argent servait à célébrer la messe. Il a été trouvé, endommagé, dans le sarcophage d'un clerc. Ce dernier avait été enterré dans la chapelle sépulcrale qui se trouvait au nord-est de l'église Saint-Pierre. Au XVIe siècle, la tombe a été refaite et la pierre tombale ornée d'une croix d'abbé ou d'évêque et des initiales MT, mais on ignore l'identité du défunt, mort au XIVe ou au XVe siècle. La tombe a été découverte lors des fouilles de l'archéologue allemand Reusch, en 1942-1944. Les vestiges de la chapelle ont été détruits pour ouvrir un passage entre Saint-Pierre-aux-Nonnains et l'auditorium de l'Arsenal. Le calice est à coupe hémisphérique, avec une base en pavillon de trompette et un anneau à mi-hauteur du pied. -
Collier d'or de saint Étienne offert par Nicolle Louve En 1448, Nicolle Louve donne au trésor de la cathédrale un collier en or pour le suspendre au cou du buste-reliquaire de saint Étienne. Le patricien s'inscrit ainsi dans les pas des empereurs de la dynastie de Luxembourg, Charles donateur du buste et Sigismond de qui il tient le collier. Le patricien Poince Grognat avait offert un premier collier en 1417. Il est possible que Nicolle Louve ait voulu faire encore mieux que lui : son collier porte une inscription beaucoup plus longue ; il semble plus élaboré, avec une croix et une louve gravée, emblème parlant de son lignage.
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Collier d'or de saint Étienne offert par Poince Grognat Poince Grognat donne au trésor de la cathédrale un collier en or pour le suspendre au cou du buste-reliquaire de saint Étienne. La statue était un don de l'empereur Charles IV en personne : le patricien s'inscrit ainsi dans les pas de l'empereur. Le collier était fait d'anneaux d'or allongés auxquels sont attachées deux petite plaquettes gravées des textes « F. Ponce Grognat chevalier » et « L’an MCCCCXVII donait ce coliet » (« a donné ce collier en 1417 »). Le F de la première plaquette peut être l'initiale du latin « fecit » (m'a fait faire), ou être une erreur de lecture pour le S de « seigneur ». Au XIXe siècle, Émile-Auguste Bégin mentionne l'objet et édite les inscriptions, sans préciser sa source : ses informations sont donc invérifiables.
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Crosse de Jean Faquelo La tombe de Jean Faquelo, évêque suffragant de Metz, a été découverte au couvent des Récollets en 1973. On y a trouvé, entre autres objets, une crosse d'évêque. La volute se termine en gueule de dragon et le champ est décoré d'une crucifixion. Le cylindre est rythmé par trois anneaux torsadés. L'échine de la crosse est décorée d'un motif végétal. -
Dizain de Michel Le Gronnais Le dizain est un objet de dévotion : le chrétien compte ses prières en égrenant les grains de ce chapelet. Michel Le Gronnais a choisi d'être enterré avec ce dizain : il est fait de dix grains de buis et porte en son extrémité une croix en buis. Entre la croix et le dizain se trouve un noyau d'abricot dont chaque face est sculptée : d'un côté on reconnaît les armes de sa famille (trois tours superposées dans un écu à entourage à chevrons), de l'autre un buste d'homme : le personnage est vêtu à la mode des élites du XVIe siècle, barbu et coiffé d'une toque. -
Enseigne de pèlerinage : sainte Barbe Cette toute petite pièce de métal est un souvenir de pèlerinage. Sainte barbe est reconnaissable aux attributs qu'elle porte : la tour où selon la légende son père l'a enfermée, la couronne rappelant ses origines princières légendaires, et la palme, qui témoigne de son martyre. Sainte Barbe (ou Barbara) est une des saintes protectrices les plus populaires de la fin du Moyen Âge, devient la patronne du pays de Metz et le sanctuaire de Sainte-Barbe un pèlerinage populaire pour les citadins : située à 17 km de la ville, l'église pouvait faire l'objet d'un aller-et-retour dans la journée. L'enseigne a été trouvée lors des fouilles du Petit Saulcy, sous la place de la Comédie. -
Galons de mitre de Jehan Faquelo La tombe de Jean Faquelo, évêque suffragant de Metz mort en 1452, a été découverte au couvent des Récollets en 1973. On y a trouvé de nombreux fragments de tissu, dont des galons de laines, tissés au petit métier avec des fils de soie et d'argent. Sur le drap de laine on trouve deux coutures dont une joignant les deux pièces. On a identifié ces fragments avec les restes de la mitre du défunt, la coiffe témoignant de son rang d'évêque. -
Joyaux offerts par Hugo Mathié Plusieurs chanoines offrent des bijoux au trésor de la cathédrale, pour les suspendre au cou du buste-reliquaire de saint Étienne. Par testament, le chantre Hugo Mathié offre trois objets précieux : une boîte odoriférante ("pome et boitte d'or à musque"), un anneau d'or avec un saphir, et une statuette de sainte Catherine en argent doré.
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Le Tocsin Le Tocsin est une cloche datée de l'année 1501, aujourd'hui installée à la cathédrale Saint-Étienne, dont elle est une des plus anciennes cloches. Mais cette cloche avait été fondue pour la collégiale Saint-Thiébaut, installée à la fin du Moyen Âge au sud de la cité. En 1555, après la démolition de Saint-Thiébaut, elle fut remontée à la cathédrale dans la tour de Mutte pour servir à la cité. Son usage a dès lors été civil : le Tocsin donnait l'alarme. Il servait également au rappel des heures, quand le guetteur installé dans la tour sonnait pour attester qu'il était bien à son poste. La cloche est décorée d'un médaillon en losange qui représente saint Christophe portant l'Enfant Jésus, et d'un médaillon rond qui montre peut-être une scène de chasse à la licorne. Un écu armorié porte une bande chargée de trois lions passants, et d'une cloche en chef.
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Pendentif offert par un Le Gronnais Plusieurs patriciens offrent des bijoux au trésor de la cathédrale, pour les suspendre au cou du buste-reliquaire de saint Étienne. La statue était un don de l'empereur Charles IV en personne : le donateur s'inscrit ainsi dans les pas de l'empereur. Parmi eux, un Le Gronnais donne un triangle de diamant, à une date inconnue : ce bijou n'est connu que par l'inventaire du trésor du chapitre fait en 1567. Celui-ci évoque "une affiche avec ung escusson des Gournais avec ung triangle de diamant, un caillou de rubis et une perle pezant demi once". En 1569, le bijou est prélevé par le doyen du chapitre pour être offert à la soeur du roi de France, la reine Margot (Marguerite de Valois).