Contenus
is possessed by contient
Raigecourt
Classe
Lieu
Modèle
Lieu
Dans la collection
Bâtiments et sites du pays de Metz
-
Aître fortifié de Bayonville L'église Saint-Julien de Bayonville-sur-Mad était le centre d'un aître, espace à la fois sacré et fortifié, régulier dans la vallée du Rupt de Mad. Les maisons accolées dessinent deux ailes en fer à cheval. Au centre, l'église, entourée du cimetière, comportait un clocher fortifié muni de hourds. Une maison-forte occupait l'angle sud-ouest. Sa porte du XVIe siècle, encore visible au temps d'Henri Lepage, gardait trace d'une herse et de mâchicoulis. En 1304, les seigneurs du village sont le banquier Burthignon Paillat, son gendre Perrin du Neufchâtel, et Colin Le Jaulz. Nicolle Baudoche acquiert ensuite des droits sur le village, comme créancier des Neufchâtel et du duc de Lorraine. En 1444, selon Jean Praillon, la maison-forte est possédée par Joffroy de Warise, descendant de Perrin. Celui-ci en confie la garde à un châtelain nommé Jean Clément, qui se laisse surprendre par une attaque lorraine. Au cours du XVIᵉ siècle, la seigneurie de Bayonville est détenue par la famille de Raigecourt. Elle se transmet successivement de Nicolle de Raigecourt à son fils Antoine, puis au fils de ce dernier, Philippe de Raigecourt. La seigneurie reste dans le patrimoine familial jusqu'au début du XIXe siècle. -
Château d'Ancerville Le château d'Ancerville est peut-être le mieux conservé des châteaux de la fin du Moyen Âge du pays de Metz, malgré sa transformation en fermes à l'époque contemporaine. Il appartient aux XVe et XVIe siècles à la famille de Raigecourt. La première mention de la possession du château d'Ancerville par les Raigecourt est attribuée à Isabelle Desch dit la Sourde, veuve de Nicolle de Raigecourt dit Xappel. Le 22 juin 1480, Isabelle remariée à Philippe de Bibra cède le château à son seul fils issu de son premier mariage, Philippe de Raigecourt, qui le transmet à son tour à son fils aîné, Nicolle, en 1500. Selon Philippe de Vigneulles, Philippe, passionné de chasses, entretient une garenne autour du château et, pendant ses maladies, fait même combattre ses chiens de chasse dans sa cour, voire dans sa chambre. En 1523, Nicolle de Raigecourt, au service de la cour ducale, accueille au château le duc et la duchesse de Lorraine, Antoine et Renée. Le château d'Ancerville passe ensuite aux mains de son fils aîné, Richard. Mais à sa mort, sans descendance, c'est son frère Antoine qui hérite du patrimoine d'Ancerville, puis son fils aîné, Philippe. Un corps central est entouré d'un mur et de fossés : aujourd'hui loti en plusieurs maisons, il a conservé une tour d'angle ronde et un donjon ou châtelet d'entrée carré à mâchicoulis, qui s'ouvre sur l'ouest, à l'opposé du village. Dans la cour de ce logis seigneurial s'ouvrent des fenêtres à quatre baies. À l'ouest et au nord, un autre corps extérieur forme une enceinte autour ce corps central. À l'extrémité sud, il comprend un bâtiment à deux étages similaire aux maisons urbaines de Metz, qui donne sur le lieu dit aujourd'hui « cour du château ». En 1855, Georges Boulangé a dessiné les lieux et recueilli le dessin des armes des Raigecourt (d'or à la tour crénelée de sable, c'est-à-dire noire), présent dans l'escalier du logis et sur un fragment de vitrail. -
Château de Ladonchamps Le gagnage de Ladonchamps (actuelle commune de Woippy) est cité dès 1222. Il s'agit à l'origine d'un domaine de l'abbaye Sainte-Croix. Celle-ci acense la ferme à Perrin Anchier en 1317, qui y construit une maison-forte. Le domaine passe ensuite à sa veuve Laurette Witier : celle-ci fait du gagnage un particulier, et obtient la fondation d'une chapelle. Au début du XVe siècle, il appartient à Lorette, femme de Colignon Baudoche ; on y élève chevaux, vaches et porcs. À la fin du XVe siècle, il s'agit d'un château qui appartient à André de Rineck. Le plan de l'édifice, quadrangulaire à tours d'angle et donjon peut dater de cette période. Après la mort d'André en 1527, il passe aux mains de Philippe II de Raigecourt, dont André était le tuteur depuis la mort de son père Philippe I de Raigecourt, dit Xappel en 1500. Philippe II de Raigecourt n'ayant pas de fils, c'est Anne, sa fille aînée, épouse de Jacques Desch, qui hérite du château. Le château de Ladonchamps est transmis à leur mort à Anne Desch, leur fille aînée. Il est démantelé par le duc de Guise lors du siège de Metz. Au décès d'Anne Desch en 1581, le château est acquis par son deuxième époux, Renaud Le Gronnais qui meurt en 1613. Il est détruit après la Seconde guerre mondiale. Le domaine conserve une chapelle et des communs. -
Château de Mardigny Au début du XVe siècle, le village de Mardigny (dans la commune de Lorry-Mardigny) appartient au chapitre cathédral de Metz. En 1404, le chanoine Thierry de la Tour est seigneur du village, qui compte alors 23 feux (foyers fiscaux). Il la lègue au chapitre de la cathédrale à sa mort. Au XVe siècle, la cité de Metz place régulièrement un capitaine et une garnison dans le château. À partir de 1525, Mardigny appartient à une branche de la famille de Raigecourt, après que Philippe de Raigecourt l'ait acquis par échange avec les chanoines. Sa fille aînée, Anne, épouse de Jacques Desch, et en hérite entre 1533 et 1535. Le château passe ensuite à leur fille unique Anne Desch, épouse de Flory Marteau, qui prend aussi le titre de seigneur de Mardigny. Le château actuel est partiellement classé Monument historique. Il a été transformé aux XVIIe et XVIIIe siècles mais en conservant son plan de la fin du Moyen Âge. Il forme un rectangle autour d'une cour, entouré de douves. Trois des quatre tours d'angle sont conservées : les deux du côté ouest, côté village, sont petites et rondes, celle du sud-ouest est en ruines. La grande tour rectangulaire du nord-est, disposée en épi, sert aujourd'hui de porte d'entrée et est percée d'un portail baroque. À la fin du XIXe siècle, Schmitz dessine des détails du château : deux tympans trilobés et une cheminée ornée de trois écus dont la peinture avait disparu, et dont le manteau était décorée par une grecque monumentale. Le château avait conservé son artillerie : cinq canons légers sont déposés au musée de la Cour d'Or. -
La Haute Bévoye Deux gagnages étaient situés sur l'ancien chemin entre Metz et Peltre, la Haute Bévoye et la Basse Bévoye. La Haute Bévoye, sur une colline, est documentée dès le XIIIe siècle. Propriété du sénéchal de l'évêque de Metz, elle est vendue en 1260 à des patriciens. En 1314, les propriétaires, héritiers de Pierre de Raigecourt, sont en procès contre les seigneurs de Peltre qui contestent l'extension de leurs pâtures. En 1404, elle appartient à « Jehan Xaippey », c'est-à-dire Jean de Raigecourt, dit Xappel ; on y élevait alors 12 bovins et 8 chevaux. En plus d'un logis du XVIIIe siècle et de bâtiments d'exploitation, le plan du château médiéval reste lisible, quatre ailes en rectangle entourées d'un fossé ; deux ailes et trois tours rappellent l'état initial.