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Bâtiments et sites du pays de Metz
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Château de Ladonchamps Le gagnage de Ladonchamps (actuelle commune de Woippy) est cité dès 1222. Il s'agit à l'origine d'un domaine de l'abbaye Sainte-Croix. Celle-ci acense la ferme à Perrin Anchier en 1317, qui y construit une maison-forte. Le domaine passe ensuite à sa veuve Laurette Witier : celle-ci fait du gagnage un particulier, et obtient la fondation d'une chapelle. Au début du XVe siècle, il appartient à Lorette, femme de Colignon Baudoche ; on y élève chevaux, vaches et porcs. À la fin du XVe siècle, il s'agit d'un château qui appartient à André de Rineck. Le plan de l'édifice, quadrangulaire à tours d'angle et donjon peut dater de cette période. Après la mort d'André en 1527, il passe aux mains de Philippe II de Raigecourt, dont André était le tuteur depuis la mort de son père Philippe I de Raigecourt, dit Xappel en 1500. Philippe II de Raigecourt n'ayant pas de fils, c'est Anne, sa fille aînée, épouse de Jacques Desch, qui hérite du château. Le château de Ladonchamps est transmis à leur mort à Anne Desch, leur fille aînée. Il est démantelé par le duc de Guise lors du siège de Metz. Au décès d'Anne Desch en 1581, le château est acquis par son deuxième époux, Renaud Le Gronnais qui meurt en 1613. Il est détruit après la Seconde guerre mondiale. Le domaine conserve une chapelle et des communs. -
Château de Luttange Le château est à plan carré avec quatre tours aux angles. Trois sont rondes ; la dernière est un donjon carré situé à l'angle nord-est auquel on accède par un escalier et une poterne bien conservés, classés monument historique). En 1864, un fossé existait encore, franchi par un pont en face du donjon. Les tours datent du XIVe siècle. Une galerie souterraine reliait les deux tours nord. Les courtines, entre les tours, ont peut-être été détruites lors des guerres du XVIIe siècle. Les façades nord et est datent l'une du XVIIIe siècle, l'autre du XIXe siècle. Sur les faces sud et ouest ont été replacés des éléments XVIe siècle du château de Daspich à Florange : une échauguette, un oriel et une bretèche. Luttange était aux limites du pays de Metz : ce fief luxembourgeois est resté longtemps aux mains d'une famille de seigneurs, les Luttange, tantôt alliés, tantôt ennemis des paraiges. En 1316, le château est repris en fief par François Lambert. En 1366, le sire Joffroy de Luttange, en conflit avec la cité, est exécuté devant la cathédrale. Entre 1424 et les années 1530, le château est aux mains de Guillaume Perpignant et de ses descendants, jusqu'à Jean Le Gronnais, veuf d'Alixette Perpignant, qui meurt sans descendance. Le fief est confisqué par Charles Quint qui le donne à un de ses familiers, le sculpteur Jean Monet. Le château accueille aujourd'hui un centre d'escape game. -
Châtel-Saint-Blaise Le château Saint-Blaise, ou Neufchâtel-devant-Metz, était une des principales seigneuries de l'évêché de Metz. Il s'agissait d'une puissante forteresse située sur une colline de 358 m. d'altitude dans l'actuelle commune d'Augny, Au XIIIe siècle, il appartient au lignage noble des Jussy-Varise. Le chevalier Pierre de Jussy est seigneur du Neufchâtel entre 1225 et 1240. De son fils aîné Renaud descendent les Jussy-Warise, qui se rapprochent de la commune de Metz au XIVe siècle. Au contraire, son fils cadet Gauthier passe au service du duc de Lorraine et est l'ancêtre des seigneurs d'Haraucourt. Au début du XIVe siècle, le château Saint-Blaise appartient à Perrin de Neufchâtel dit Warise. En 1485, Françoise de Warise meurt sans enfants, et le château passe aux Desch, descendants de l'union entre Contesse de Warise et Philippe Desch. Il appartient notamment à Jacques Desch vers la moitié du XVIe siècle. En 1543, le château est pris par une petite troupe luxembourgeoise ; Nicolle Le Gronnais lève un millier d'hommes pour les en déloger, selon la Chronique rimée. À la mort de Jacques en 1560, sa fille Agnès en hérite. Par son mariage avec Renaud Le Gronnais, le château Saint-Blaise entre dans le patrimoine de la famille Le Gronnais. Le château a été partiellement ruiné lors du siège de Metz par Charles Quint en 1552. En 1812, le cadastre de la commune d'Augny le signale en ruines. Il est rasé au XIXe siècle lors de la construction du fort ou ouvrage Saint-Blaise. -
Fort-moutier d'Ancy Le riche village viticole d'Ancy était centré sur un hameau fortifié autour d'une église (« moutier » en ancien français). Cet espace sacré était protégé par une enceinte défendue par des tours ; il comprenait un clocher fortifié et une maison forte, que le duc de Lorraine cède en 1434 à ses créanciers messins, Jean Le Gronnais et Hennequin de Tournay. Autour de l'église, le cimetière pouvait accueillir des loges, des bâtiments provisoires pour le stockage des provisions. Lors des guerres des XVe et XVIe siècles, les villageois se réfugient plusieurs fois dans le fort-moutier. Il résiste aux écorcheurs français en 1434, qui rançonnent les habitants faute de pouvoir le prendre ; il résiste à l'armée française une semaine en 1444 avant de se rendre, puis victorieusement en 1446 lors d'un siège de 10 semaines. En 1447, les Français s'en emparent par la ruse et le mettent au pillage. Lors de la guerre de 1490 contre le duc René II, le moutier est assiégé et pris d'assaut : 80 hommes sont massacrés le 23 février 1490. Parmi les victimes, le grand-père de Jean Le Coullon, qui rappelle l'événement dans son Journal. Les habitants se réfugient à nouveau dans le moutier en 1552 : le siège de Metz par Charles Quint les force à y rester pendant six mois. Sur le cadastre de 1811, le plan du moutier est encore visible, entouré de ses douves. La tour d'angle nord-est, visible sur le plan, existe encore, rue Lemal Perrin. À côté de l'église, le cimetière conserve un ossuaire du XVIe siècle, classé monument historique (MH). -
Gagnage de Brieux Brieux était un gagnage situé dans l'actuelle commune de Maizières-lès-Metz. La famille Hesson a accumulé des droits et des terres à Maizières dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Vers 1308-1314, Jean Hesson hérite d'une partie de ces terres et construit une maison-forte à Brieux, avec tour et fossés, ce qui entraîne une plainte par-devant les Treize de l'abbé de Saint-Vincent, seigneur de Maizières. Jean voit ses droits confirmés et ses biens constituent par la suite un ban seigneurial. Le gagnage est vendu en 1363, ce qui donne lieu à un inventaire conservé, qui détaille 81 parcelles pour un total de 150 journaux de terre. En 1404 , Brieux appartient à Jacomette Le Gronnais, femme de Jean Besange. On y élevait 12 bovins, 6 chevaux et 6 porcs. Aujourd’hui, quelques vestiges du gagnage sont encore visibles dans le parc de Brieux. -
Gagnage de Grigy (n°1) En 1404, Grigy comptait quatre gagnages. L'un d'eux appartenait à Nicolle le Gronnais, chevalier du paraige de Porsailly, et on y élevait 11 bovins et 6 chevaux. Dans la seconde moitié du siècle, François Le Gronnais possède un gagnage en Grigy : il peut s'agir du même bien, transmis par mariage, car François se marie en secondes noces avec Françoise Le Gronnais, arrière-petite fille de Nicolle.
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Gagnage de La Horgne Le gagnage de La Horgne était situé à Montigny-lès-Metz. En 1372, cette ferme appartenait à Jean Louve. Après sa mort en 1401, la ferme appartient à ses enfants qui sont alors encore mineurs ; en 1404, on y élève 11 bovins, 11 chevaux, 1 porc et un troupeau de 129 brebis. Le gagnage passe alors par héritage à Nicolle Louve, fils de Jean, puis à Thiébaut Louve, fils de Nicolle, puis à Perrette Louve, fille de Thiébaut et riche héritière et qui récupère notamment de la terre de Villers-Laquenexy. Le gagnage de La Horgne semble avoir été attaché à la transmission de cette terre aux XVe et XVIe siècles. Ces biens fonciers reviennent à son époux François Le Gronnais, dont elle est la première femme. Le gagnage est ensuite légué à la mort de François à son fils Renaud, l'un de ses fils aînés issus de son mariage avec Perrette. Puis La Horgne passe à la fille de Renaud, Aimée Le Gronnais, qui épouse Michel de Barisey, un noble s'étant établi à Metz. C'est finalement François, fils de Michel Barisey et d'Aimée qui hérite du gagnage. Au décès de François vers 1600, mort sans descendance, le gagnage passe à sa nièce, Aimée de Barisey, fille de Daniel de Barisey et de Philippe Desch. Charles Quint y réside lors du siège de Metz en 1552. Le siège laisse le gagnage en ruines, il n'en reste plus aujourd'hui qu'une tour ruinée.
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Gagnage de La Horgne (commune de Goin) Le gagnage de La Horgne, dans la commune de Goin, appartenait en 1404 au chanoine Jean Le Gronnais dit Crépy, alors chanoine de la cathédrale, avant de sortir du canonicat pour intégrer les paraiges. On y élève 4 bovins et 5 brebis. En 1681, il est possédé par Jean‑Jacques de Gournay, bailly de l’évêché de Metz. Les bâtiments, en périphérie de Goin, près de la station d'épuration, ont disparu.
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Gagnage de Moince Moince (ou Moinsse) est situé dans l'actuelle commune de Louvigny. Son statut est contesté au XIVe siècle : ses propriétaires refusent la juridiction des seigneurs de Louvigny, qui est maintenue par la justice messine. Ce gagnage appartenait en 1404 au seigneur du Saint‑Esprit ; on y élevait 23 bovins et 9 chevaux.
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La Belle-Croix En 1497, un aubergiste nommé Zayer construit un calvaire monumental sur la colline qui surplombe Metz au nord-est, le Désirémont : trois croix de pierre portent les statues de Jésus et des larrons, accompagnées des statues de Marie et Jean. Quelques années plus tard, un ermite s'installe près du calvaire, dans une maison construite aux frais de François Le Gronnais. La tradition messine assure ensuite que la distance entre la porte Sainte-Barbe et le calvaire est celle de la Via Dolorosa de Jérusalem, entre le tribunal de Pilate et le Golgotha. La Belle-Croix joue donc le rôle de substitut au pèlerinage en Terre Sainte. Au XVIIe siècle, un tableau de François de Nomé conservé au musée de la Cour d'Or représente la Crucifixion en la situant à la Belle-Croix, avec Metz à l'arrière-plan. Le fort de Bellecroix a été construit sur l'emplacement du calvaire, seule la toponymie rappelle son existence : à l'époque moderne, le nom de la « Belle Croix » a fini par remplacer celui de Désirémont pour désigner la colline. Lors de la construction du fort, le calvaire est démonté et installé dans l'église des Carmes ; il est détruit à la Révolution avec l'ensemble des oeuvres du couvent. -
La Grange-aux-Ormes La Grange-aux-Ormes est un gagnage situé dans le pays de Metz, au sud de la ville près de Marly. Si le château actuel date du XVIIIe siècle, il existait un bâtiment plus ancien construit par les religieux de Notre-Dame-des-Champs avant 1187. En 1321, le gagnage est sous la suzeraineté du comte de Bar qui l'engage pour 300 deniers à un certain Collignon, citain de Metz. Quelques décennies plus tard, en 1404, il est passé aux mains des de Vy. A partir de 1409, il devient une propriété de la cathédrale de Metz et intègre le temporel de l'évêché de Metz. Le fief est cédé à la famille d'Apremont, qui l'engage à plusieurs familles des paraiges messins. En 1500, il est engagé aux Chauvain ; puis le domaine est définitivement vendu par Claude d'Apremont aux Le Gronnais. Rien ne subsiste du château médiéval. Le parc et jardin à l'arrière du château a été reconverti en golf en 1991, appartenant à Pierre Bogenez.
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Maison forte de Jouy-aux -arches La maison-forte de Jouy-aux-Arches est une tour-résidence construite au XVIème siècle, comparable aux tours de Fleury, Longeville ou Woippy. Deux tours d'angle rondes aux toits coniques flanquent un corps de bâtiment rectangulaire à deux étages. A partir de 1262, la seigneurie de Jouy-aux-Arches était un fief du duché de Bar, partagé en deux bans seigneuriaux, le ban de Courdemange et le ban d'Aweu. Plusieurs familles de paraiges messines se partagent l'autorité sur ces bans, notamment les Raigecourt, de Laïtre et Le Gronnais. La maison-forte est engagée par le duc de Bar à Poince le Gronnais et Perrin Besange dans les années 1440. La maison ainsi que plusieurs parts de la seigneurie appartiennent à la famille Le Gronnais aux XVe et XVIe siècles, à Renaud dit le Jeune et sa femme Isabelle Bataille en 1480, à Renaud dit le Vieux en 1504, puis aux cousins Michel et François pour une moitié chacun. La fille de Michel, Claude, épouse Christophe d'Orjault, qui se dit seigneur de Jouy. -
Maison-forte de Bazoncourt Le village de Bazoncourt appartient aux Desch au XVe siècle : en 1404, Jacques Desch en est seigneur. La maison-forte de Bazoncourt était située près de l'église du village. Elle a entièrement disparu. À la fin du XVe siècle, elle appartient à Jacques III Desch, qu'il lègue l'une de ses trois filles, Marguerite. Par le mariage de celle-ci à Thiébaut Le Gronnais, elle passe ensuite aux mains des Gronnais. À la mort de Thiébaut en 1548, c'est son fils Jacques Le Gronnais qui en hérite, puis sa fille Anne Le Gronnais, qui épouse Charles de Ligniville. Entre 1570 et 1600, la chapelle est reconstruite. Au XIXe siècle, Franz Xaver Kraus reproduit une clé de voûte aux armes des Le Gronnais et des Ligniville, qui correspondrait au mariage entre Anne Le Gronnais et Charles de Ligniville en 1580. Sur un plan médiéval quadrangulaire à quatre tours rondes aux angles, la maison-forte a été reconstruite en 1709. À partir de plans et de dessins modernes, Kraus la reconstitue. -
Maison-forte de Clémery Clémery était un fief du duché de Bar, appartenant à la famille des comtes de Salm. En 1360, Jean de Salm cède la seigneurie à Jean Le Gronnais pour une dette de 500 livres messines. En 1404, il appartient à jacques, femme de Jean Le Gronnais. Au XVe siècle, le village semble parfois racheté par les Lorrains, parfois engagé aux créanciers messins. Dans les années 1440, le fief appartient à Perrin Besange, qui pourrait l'avoir obtenu de par sa mère Jacomette, fille de Jean Le Gronnais dit Payebon et le Chevalier. En 1444, la forteresse est prise par les Français. Jean de Salm engage la seigneurie à Renaud Le Gronnais en 1461 et la rachète en 1474. Le château a été reconstruit aux XVIIIe et XIXe siècle. Il conserve son plan de maison-forte médiévale quadrangulaire : trois ailes existent encore, ainsi que deux tours rondes aux angles. Après 1474, les ducs de Lorraine engagent encore le fief, mais à leurs officiers et non plus à des Messins. René Warin le tient à partir de 1516 : ce fidèle du duc Antoine est aussi le mari de Françoise Le Gronnais, petite-fille de Renaud. Le château de Clémery appartient à l'époque moderne à la famille lorraine Du Hautoy, puis au maréchal Duroc, originaire de Pont-à-Mousson (1772-1813). Propriété privée, il est classé Monument Historique en partie en 1986. -
Maison-forte de Coin-sur-Seille La maison-forte de Coin était située au sud du village, près de la chapelle castrale Saint-Laurent. Au XIVe siècle, elle appartient à la famille Drouin. En 1404, Thiébaut Le Gronnais est seigneur du village. En 1537, la maison appartient à Claude Le Gronnais et Christophe d'Orjault son mari.
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Maison-forte de Cuvry La maison-forte de Cuvry était située au nord du village, entre l'église et la Seille. Le domaine de Cuvryn, Coin-lès-Cuvry et Pournoy-la-Chétive appartient avant 1288 au chevalier Cunon de Neufchâtel. En 1296, Cuvry a trois co-seigneurs, Cunon, Arnoul Aixiet et Bertrand Gemel. Cunon vend une partie de sa part au Messin Collignon Burriat, qui cède la moitié de Cuvry à Bertrand Gemel. Par lui, au XIVe siècle, Cuvry appartient à la famille Drouin. En 1404, Jean Dieu-Ami est co-seigneur du village, avec l'Hôpital Saint-Nicolas. On perd ensuite la trace de la possession de Cuvry jusqu'en 1564, lorsqu'il appartient à Flory de Marteau, époux successivement de Barbe et Anne Desch. Un château est construit sur le site au XVIIIe siècle : devenu collège lazariste puis hôpital, il est détruit en 2011 au profit d'un lotissement.
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Maison-forte de Génicourt Génicourt est une seigneurie de la famille d'Apremont. La maison-forte passe aux mains de Nicolas Le Gronnais dans la première moitié du XVIe siècle : il s'agit de la lointaine des seigneuries acquises par les patriciens de Metz. La maison-forte et l'église formaient deux buttes fortifiées au centre du village. Le cadastre napoléonien montre encore un large fossé ovale qui entoure l'enclos seigneurial. La maison elle-même a été transformée et abaissée : haute d'un étage, elle fait aujourd'hui office de mairie-école. -
Maison-forte de Lesse La maison-forte de Lesse est une maison-tour, entourée de dépendances autour d'une cour. La tour est flanquée de quatre tourelles quadrangulaires, qui conservent des canonnières au rez-de-chaussée. Lesse est un fief du duché de Bar à l'extrémité Est du duché. Selon Jean Schneider, il s'agit aussi du point oriental extrême de l'accaparement des fiefs par les patriciens messins. Le chevalier Collard de Lesse engage son fief à ses créanciers les frères Arnould, Jean et Nemmery Baudoche en 1346. Il passe ensuite à la famille Perpignant : Jean Perpignant rend hommage pour Lesse en 1421. Le fief serait ensuite passé à son fils Jean Perpignant, puis au fils de ce dernier Gérard, avant de tomber aux mains d'Alixette, seule héritière encore en vie au décès de Gérard Perpignant, son père. Au décès d'Alixette, Claude Le Gronnais, Nicolle et Androuin Roucel en héritent, par des jeux d'alliances. Lesse est ensuite partagée entre la famille Roucel et plusieurs familles nobles lorraines, notamment les Craincourt et les Helmstatt. À la mort d'Androuin Roucel, sans descendance, c'est son petit-neveu Philippe Roucel qui hérite de sa part, qui passe aux mains de son épouse Madeleine Chanahay après le décès de son époux en 1583. Au début du XIXe siècle, Lesse comptait deux châteaux : le Château-Haut, bien conservé, et le Château-Bas, aujourd'hui transformé en exploitation agricole (32, rue Saint-Georges). Il s'agit sans doute d'un effet des partages de l'époque moderne. -
Maison-forte de Louvigny (ban Bazin) Il y avait au XVe siècle trois maisons-fortes à Louvigny, car le village était divisé en trois bans seigneuriaux. Il semble que le ban Bazin appartenait en 1387 à Nicole Mortel, qui la cède ensuite à Jean de Jametz. En 1396, Jean Dieu-Ami acquiert le ban en gagière et le possède en 1404. Par sa fille Perrette, la maison-forte passe ensuite dans la famille Le Gronnais. Claudine ou Claude Le Gronnais, épouse de Christophe d'Orjeault, en hérite de son père Michel. Le couple fait reconstruire le bâtiment qui avait été endommagé par la guerre de 1490. Un cartouche daté de 1536 permet de dater l'achèvement des travaux. La maison-forte est alors une place de défense dotée de canonnières et une demeure de plaisance dont il reste quelques décors peints. Le plan cadastral de 1825 montre la maison-forte entourée d'un fossé et précédée à l'est, en face de l'ancienne église, d'une basse-cour bâtie sur trois côtés. Pendant la Première guerre mondiale, le site sert de poste de commandement allemand et subit de graves dommages, à cause notamment de la construction de blockhaus. La maison-forte est restaurée par une association dans les années 1990 et inscrite aux Monuments historiques, puis à nouveau abandonnée. La face nord du bâtiment est la mieux conservée aujourd'hui. -
Maison-forte de Secourt La maison-forte de Secourt est un fief de la seigneurie de Viviers, qui appartient aux comtes de Salm au XVe siècle. En 1475, elle est en possession de Nemmery Renguillon. En février 1490, la guerre est sur le point d'éclater entre les Lorrains et Metz ; le comte de Salm se présente devant Secourt et réclame l'ouverture du fief. Selon Jean Aubrion, la maison-forte n'est gardée que par quatre hommes, qui l'évacuent. Pour la cité, c'est une déclaration de guerre ; 3000 Messins attaquent le comte de Salm dans Nomény. La guerre est désormais inévitable. Mort sans postérité, Nemmery laisse la maison-forte de Secourt à sa nièce Alixette, fille de son frère Pierre Renguillon et épouse de Jean Papperel. À la disparition de ce dernier en 1502, puis d’Alixette en 1514, la seigneurie de Secourt échoit à la famille Remiat, descendante d’Alix Renguillon, tante de Nemmery. La transmission semble ensuite s’être effectuée par l’intermédiaire de Nicolle Remiat, qui aurait apporté la maison-forte en dot à sa fille Alixette lors de son mariage avec Renaud Le Gronnais. Leur fils Nicolas, puis le fils de celui-ci, Pierre, en deviennent successivement propriétaires. Le château de Secourt est aujourd'hui abandonné et en ruines ; il a perdu ses toitures et est menacé de disparation pure et simple. Dans un vaste parc au cœur du village, on reconnaît encore un corps de logis qui a conservé trois niveaux, aux fenêtres XVIIIe siècle au rez-de-chaussée, et XVIe siècle aux étages. Deux bâtiments le flanquent : un bâtiment bas à l'ouest, et à l'est un donjon, avec une tourelle ronde, peut-être escalière, du côté de la Rue principale. -
Maison-forte de Talange La seigneurie de Talange, qui dépendait du comté puis duché de Luxembourg, était dans les mains de familles de paraige messines. Lors de la guerre des Quatre seigneurs (1404-1407), elle est prise et détruite. Dans la première moitié du XVe siècle, elle appartient à Jean Bataille. À sa mort, n'ayant que trois filles, c'est Perrette Bataille, épouse de Joffroy Coeur de Fer, qui récupère la seigneurie. Leur fille Françoise Coeur de Fer obtient la seigneurie en dot qui passe aux Coeur de Fer par son mariage avec Perrin Roucel. N'ayant qu'une seule fille, c'est Perrette Roucel qui hérite de la seigneurie qui passe aux Gronnais avec son mariage avec Thiébaut Le Gronnais. Talange passe en héritage de père en fils à Claude, Thierry puis Daniel Le Gronnais, lequel meurt dans un duel en 1599 à l'âge de 35 ans à Bourmont. L'industrialisation et la Seconde guerre mondiale ont effacé le vieux village de Talange, mais le cadastre de 1809 montre encore que la maison-forte au bout de la Grand Rue, possédait un plan carré avec trois ailes bâties, entourées de douves en eau. -
Maison-forte de Villers-Laquenexy La maison-forte de Villers-Laquenexy, située à quelques kilomètres au sud-est de Metz, est possédée au début du XVe siècle par des Messins. En 1404, alors qu'elle appartient à Thiébaut Le Gronnais et à Collin Paillat, elle est attaqué par les troupes de Philippe Ier comte de Nassau, alors en guerre contre les Messins. On retrouve sa trace près de 40 ans plus tard. En 1444, alors qu'elle appartient désormais à Nicolle Louve, la maison-forte est prise d'assaut par les écorcheurs. C'est Thiébaut, fils de Nicole Louve, qui en hérite. Puis sa fille, Perrette, l'amène en dot à son époux, François Le Gronnais. Le bâtiment passe dès lors aux Gronnais : à leur fils Renaud, puis leur petit-fils Nicolas et leur arrière-petit-fils Renaud. La demeure reste ainsi aux mains des Gronnais jusqu'au XVIIe siècle, moment où elle finalement acquise par la famille Goussaud. La maison-forte était carré à quatre tours d'angle autour d'une cour. Le cadastre de 1807 montre encore ce plan lisible et les traces des douves. Le bâtiment est fortement endommagé pendant un raid aérien en novembre 1944, avant d'être complètement rasé en 1953. -
Maison-tour des Le Gronnais (Longeville) La maison-tour appelée « Donjon des Gournay » est située à Longeville-lès-Metz, aux 78-80 rue du Général de Gaulle. Entourée par des constructions modernes, elle n'est visible que de la cour, accessible depuis la rue Migette. La tour comprend deux étages reliés par un escalier à vis ; la grande salle du premier étage conserve une cheminée monumentale. La construction, sur une base du XIIe siècle, date du XVIe siècle et peut être comparée à la maison-tour de Fleury. Cette tour, unique témoignage médiéval de la commune, est rattachée par la tradition orale et savante à la famille Le Gronnais. Ce nom a sans doute été popularisé par Auguste Migette, établi à proximité immédiate, qui a dessiné la tour. Il est possible qu'elle tour ait vraiment appartenu aux Le Gronnais. En 1269 à Longeville, Jacquemin, fils de Jacquemin Le Gronnais, achète à Nicole de Chastel une « grande maison » avec des vignes et deux pressoirs. En 1290, ce sont les fils de Poince Le Gronnais, qui achètent une autre maison et des vignes à Longeville. L'une de ces propriétés pourrait être à l'origine de l'actuelle tour.