-
Notes archéologiques d'Auguste Prost (Paris, BNF NAF 4855)
Metz (Moselle)
-
Notre-Dame de la Tierce
La chapelle Notre-Dame-de-la-Tierce occupe le bras nord du transept, à gauche en regardant vers le choeur. La chapelle conserve son architecture ottonienne (pré-romane) du XIe au XVe siècle alors que la nef est reconstruite en style gothique à partir du XIIIe siècle.
Elle constitue un des trois chœurs de l'église, chacun dotés d'une abside semi-circulaire. L'autel de l'abside était initialement dédié à saint Clément ; avant 1345, un autre autel dédié à Notre-Dame sert désormais à nommer le transept.
Cette chapelle, particulièrement vénérée, a accueilli un grande nombre de tombes de chanoines et celles de plusieurs évêques, dont Bertram, le grand évêque du début du XIIIe siècle. Notre-Dame de la Tierce est la première partie du chœur à être reconstruite sous sa forme actuelle, gothique : la première pierre est posée par Jacques d'Insming le 18 juin 1487. Quand l'ancien chœur est à son tour démoli en 1503, Notre-Dame de la Tierce sert de chœur à la cathédrale, jusqu'à la fin des travaux en 1522.
-
Notre-Dame de Rabas
Cette chapelle, isolée dans les bois de Villers-Bettnach, dépendait de l'abbaye Saint-Arnoul. Elle est attestée dès le XIe siècle et est un lieu de pèlerinage fréquenté par les Messins à la fin du Moyen Âge : comme à Sainte-Barbe, on peut faire l'aller-et-retour dans la journée. Comme d'autres sanctuaires de la région, la légende la rattache à Charlemagne, qui l'aurait fondé, tandis que son cheval aurait fait jaillir une source à proximité. La chapelle conserve deux statues polychromes de la Vierge à l'Enfant : la plus ancienne est conservée dans une niche de la façade, de la fin du XIVe siècle et était portée en procession sur des brancards ; la seconde est placée dans le choeur, peut-être depuis la reconstruction de celui-ci en 1496.
-
Notre-Dame-aux-Champs
Cette église était construite hors-les-murs, au-delà la porte Saint-Thiébaut, à proximité des ruines de l'amphithéâtre gallo-romain. Elle sert de lieu de sépulture à Isabelle Boyleau et sa famille. En novembre 1444, les troupes françaises et lorraines menacent Metz et la cité sacrifie ses faubourgs pour mieux se défendre. Notre-Dame-aux-Champs est démolie sur ordre de Jean Baudoche. Jean de Vy, arrière-petit-fils de Bertrand le Hungre, fait alors transférer les corps de sa famille au couvent des Célestins, situé à l'intérieur de l'enceinte : son arrière-grand-mère Isabelle Boyleau femme de Bertrand le Hungre, ses grands-parents Catherine Le Gronnais et Jean Le Hungre, ainsi que son oncle Guillaume Le Hungre.
Le site correspond actuellement aux rails de la gare près du passage de l'Amphithéâtre.
-
Obituaire de l'abbaye Saint-Pierre-aux-Nonnains (Paris, BNF, LAT 10028)
-
Obituaire du Petit-Clairvaux (Saint-Julien-lès-Metz, AD Moselle, H 648)
-
Odeliette Augustaire (13..-14..)
Odeliette Augustaire est la fille de Aubert Augustaire et de Marguerite de Tournay, tous deux changeurs de la ville. Elle épouse Jean Le Gronnais dit Crépy avant 1438. L'inscription de l'annonciation, qui se trouvait dans le couvent du Petit-Clairvaux datée de 1426 porte les écus armoriés des Gronnais et des Augustaire. L'écu des Augustaire ressemble fortement à celui des Heu, ce qui a amené certains érudits et historiens à identifier à tord la femme de Jean Le Gronnais comme Odeliette de Heu.
-
Odeliette Baudoche (1...-13..)
Odeliette Baudoche est la fille de Perrin Baudoche et d'Ermengarde. Elle meurt célibataire à une date inconnue et est enterrée aux Frères Prêcheurs aux côtés de son père et de son frère Nicolle.
-
Odile Bellegrée (11..-125.)
Odile se rattache par son père ou son mari au lignage des Bellegrée, une des premières grandes familles de financiers messins, liée au paraige de Porsaillis (un Simon Bellegrée est maître-échevin en 1218-1219). On ignore tout de sa famille.
Odile fonde le couvent des Cordeliers, actuels Récollets vers 1231. En 1245, une dame Odelie Bellegrée rend ban pour une maison Sur le Mur, à proximité : il peut s'agir de la même personne.
Odile est inhumée aux Cordeliers. Une épitaphe du XVIIe siècle y commémore la fondation du couvent, l'inhumation d'Odile en habit de soeur franciscaine et l'ouverture de son tombeau en 1622.
Selon l'inscription, elle serait morte vers 1250, et les travaux du couvent auraient duré de 1216 à 1236. Au XVIIIe siècle, dom Sébastien Dieudonné décrit la stèle, la pierre tombale, très abîmée, ornée d'une inscription en lettres de plomb, ainsi qu'un groupe sculpté dans deux niches : Odile, à genoux et en habit de sœur avec voile et mentonnière, tend un modèle d'église à saint François d'Assise.
-
Olric des Hazards (14..-1527)
Olric de Hazards est un chanoine de la cathédrale de Metz, sans doute apparenté à l'évêque de Toul Hugues des Hazards, à qui il succède comme doyen du chapitre de Metz. Selon Mgr Pelt dans les registres capitulaires, Olric des Hazards réclame en vain la restitution de 24 livres qu'il a payé pour son repas et doit verser les 20 livres qu'il doit comme droit d'entrée pour son statut de doyen le 22 novembre 1521. Il meurt en 1527 ; son testament a été conservé (AD Moselle G502 n°95-96).
-
Orose, Histoire contre les païens, et Trogue Pompée, Abrégé des Histoires Philippiques (Paris, BNF, LAT 4874)
-
Othin de Bioncourt (12..-1...)
Ce clerc messin est connu pour son activité de copiste au service de l'abbaye de Sainte-Glossinde : il réalise le cartulaire de l'abbaye en 1292, décoré d'armoiries et de sceaux, et l'année suivante la charte peinte de confirmation des privilèges.
-
Otto de Diemeringen (13..-1398)
Le chanoine Otto est sans doute originaire de Diemeringen, un village proche du comté de Sarrewerden vassal de l'évêché de Metz (Sarre-Union, Bas-Rhin). « Maître Otto » a fait ses études à l'université de Paris entre 1364, où il est bachelier ès arts, et 1380 ; il a atteint le grade de maître ès arts. Du diocèse de Metz mais germanophone, à quelle "nation" étudiante doit-il appartenir : française ou anglo-allemande? Un arbitrage tranche pour la nation allemande, mais le conflit ressurgit par la suite.
Otto ne semble pas avoir été prêtre, mais être resté diacre. Il devient chanoine de la cathédrale de Metz dans les années 1360. Il est accusé en 1371 d'entretenir une relation avec une femme. L'accusation ne peut pas être prouvée, mais Otto est réprimandé pour son allure non cléricale : cheveux longs, barbe, vêtements courts et chaussures pointues (à poulaines). Il est donc envoyé 14 jours dans la prison du chapitre.
Otto de Diemeringen cumule son bénéfice de chanoine avec la charge de prévôt de la collégiale de Sarrebourg.
Il est connu pour avoir traduit le "Livre des Merveilles" de Jean de Mandeville en allemand. Ce texte décrit la Terre en se présentant comme un voyage universel. Rédigé à Liège au milieu du XIVe siècle, il connait un énorme succès dans toute l'Europe. La version d'Otto est une des deux qui circulent en Allemagne à partir de la fin du XIVe siècle.
Otto meurt le 24 août 1398 et est enterré dans la cathédrale. Sa tombe est fouillée en 1914.
-
Otton Blanchard (14..-14..)
Otton Blanchard est le fils de Jean Blanchard et de Béatrice Gérardin. Ce prêtre séduit et enlève une veuve messine, Péronne, à l'automne 1497, ce qui l'entraîne dans un bras de fer entre les autorités municipales et les autorités épiscopales. Il meurt à une date inconnue.
-
Otton Savin (1...-1470) Otton Savin est le neveu du chanoine de la cathédrale Jean Savin. Il devient lui-même chanoine en 1431 alors qu'il est encore étudiant. Il occupe la charge de cerchier de 1437 à 1461, avant d'être élu doyen du chapitre à la mort de Jean Nicolai en 1461. Avant 1435, il habite la maison canoniale n°29, rue des Clercs.
Il est à la tête des chanoines qui quittent la ville en 1462, brouillés avec la municipalité. Il meurt en février 1470.
Dans son testament, il lègue de quoi offrir un vitrail à la cathédrale, mais Evrard Marlier, son neveu et exécuteur testamentaire, aussi chanoine de la cathédrale, ne réalise ses volontés qu'à sa mort en 1525 par son propre testament. C'est ce qui explique pourquoi Otton Savin est représenté comme donateur dans la grande verrière du transept sud construite par Valentin Bousch dans les années 1520 alors qu'il est décédé un demi-siècle plus tôt.
-
Outre-Seille (paraige) Ce paraige, un des cinq paraiges originels, porte le nom du nouveau quartier qui se construit aux XIIe-XIIIe siècles de l'autre côté de la Seille, recouverte aujourd'hui par les rues de Haute-Seille et des Tanneurs), et qui s'étend jusqu'au cours artificiel de la Seille, le seul encore visible.
-
Paire de semelles de Jean Faquelo La tombe de Jean Faquelo, évêque suffragant de Metz mort en 1452, a été découverte au couvent des Récollets en 1973. On y a trouvé, entre autres, une paire de semelles et contre-semelles, avec des fragments de soie qui peuvent appartenir aux chaussures ou aux chausses, l'habit porté par le défunt. Avec des semelles de 27 cm de long, l'évêque chaussait donc l'équivalent du 42.
-
Palais des Treize Le palais des Treize un bâtiment d'inspiration gothique construit entre 1315 et 1318 à quelques pas de la cathédrale. Avant sa construction, les institutions urbaines se réunissaient dans le "Grand chapitre", la galerie ouest du cloître de la cathédrale. Il comporte une chambre des ajournés (où était rendue la justice), une chambre des Treize, une chambre des sept de la guerre, une chambre des comptes, une chambre des échevins, un haut et un bas palais pour les célébrations et les réceptions urbaines. Le bâtiment connaît une réfection majeure en 1417.
En 1399, "selon l'usage ancien", le paraige du Commun y tient ses réunions ,alors que les paraiges originels de la cité se réunissent dans les églises de leur quartier d'origine.
Après 1552, le palais des Treize continue d'être utilisé pour l'exercice du pouvoir urbain. En 1633, on y installe le nouveau parlement, jusqu'à la construction d'un nouveau hôtel de ville. Le bâtiment est complètement détruit vers 1765 dans le contexte du plan d'urbanisme du maréchal de Belle-Isle et de son successeur le maréchal d'Estrées.
-
Palais épiscopal
Le palais de l'évêque de Metz, appelé la "Cour-l'évêque", était situé près de la cathédrale, au coeur de la cité : il a donné son nom à la rue du Palais. Il s'agissait initialement d'une résidence de l'empereur, comprenant des vestiges de bâtiments romains, et donnée en fief à l'évêque, seigneur de la cité. Après le début du XIVe siècle, les évêques résident dans leur résidence de Vic-sur-Seille, mais le palais leur sert lors de leurs séjours en ville. Il est aussi utilisé lors de grandes cérémonies et pour accueillir les princes de passage.
Le derniers vestiges sont détruits lors de la reconstruction du quartier de la cathédrale au XVIIIe siècle ; un nouveau palais épiscopal sort de terre sans que la Révolution permette de construire plus que le rez-de-chaussée : c'est l'actuel marché couvert.
-
Paraiges Les paraiges sont composés des hommes en âge de gouverner issus des familles riches et puissantes de la ville : ils prennent le contrôle de la municipalité de Metz au début du XIIIe siècle et gardent le monopole des charges municipales jusqu'en 1552. Au nombre de cinq puis de six avec le Commun, ils forment l'élite politique laïque de la ville. Le jeune homme au moment de recevoir son premier office au sein du gouvernement urbain peut choisir entre le paraige de son père et celui de son grand-père maternel.
Les paraiges étaient aux XIIIe et XIVe siècles divisés en quatre "embranchements", chacun désigné par des noms liés à une famille influente, à l'exception du Commun. Saint-Martin était composé des Corbé, des Wathier, des Gaillard et des Louve. Le paraige d'Outre-Seille était composé des Tignienne, des Hennebour, des Anoioulz et des Roboan. Le paraige de Jurue était composé des Bertrand, des Forcon, des de la Court et des Piedeschault. Ils nous sont inconnus pour les paraiges de Porte-Moselle et de Porsaillis. Les embranchements tendent à disparaître au cours du XIVe siècle en raison de la baisse démographique des paraiges.
Si en 1388 ils étaient composés de 155 hommes éligibles à une charge municipale, les paraiges sont en fort déclin démographique pour n'atteindre que 25 individus au début du XVIe siècle. Ils disparaissent peu après 1552, lorsque les troupes françaises occupent la ville. Le roi de France, Henri II, ouvre les charges municipales aux bourgeois aisés. Les paraiges qui s'arrogeaient le contrôle du pouvoir urbain n'ont plus de raison d'être et disparaissent abruptement. Les plus puissantes familles se fondent peu à peu dans l'aristocratie seigneuriale de la région, grâce aux nombreuses alliances matrimoniales qu'elles entretiennent, alors que les familles plus modestes se mêlent aux couches aisées de la bourgeoisie messine et continuent à exercer le pouvoir urbain.
-
Parisot-Didiot, Mylène, Trapp, Julien, Étudier l’enceinte urbaine médiévale de Metz : méthode, résultats et enjeux
Parisot-Didiot, Mylène, Trapp, Julien, Étudier l’enceinte urbaine médiévale de Metz : méthode, résultats et enjeux, Archéologie de la construction en Grand Est, Éditions de l’Université de Lorraine, 2021
-
Pascal Raggi (1971-)
-
Pascarel, Nathalie, Le décor des demeures de l'élite urbaine à la fin du Moyen Âge. Les plafonds peints de Metz
Pascarel, Nathalie, Le décor des demeures de l'élite urbaine à la fin du Moyen Âge. Les plafonds peints de Metz, thèse de Doctorat sous la direction de Philippe Lorentz, soutenue en 2018.
-
Pascarel, Nathalie, Le plafond peint de la maison n°12-14 rue du Change
Pascarel, Nathalie, Un décor civil exceptionnel de la première moitié du XVe siècle découvert à Metz en 1964 : le plafond peint de la maison n°12-14 rue du Change, mémoire de master 2 Université de Strasbourg, 2011.
-
Paul Ferry (1591-1669)
Paul Ferry est pasteur de l'église réformée à Metz, érudit et bibliophile.