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Églises du pays de Metz
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Abbaye de Villers-Bettnach L'abbaye cistercienne de Villers-Bettnach est fondée dans les années 1130 par Henri de Carinthie, sur des terrains offerts par le duc de Lorraine. Son site est une clairière dans la forêt qui porte aujourd'hui son nom, dans le diocèse de Metz, entre les domaines des parlers romans et germaniques. Aux XIIIe-XVIe siècles, l'abbaye est sous l'influence du duché de Lorraine mais aussi de la ville de Metz. Un certain nombre de moines et d'abbés de la communauté sont originaires de Metz. L'abbaye est ruinée à la Révolution. Il en reste quelques bâtiments et le portail baroque.
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Chapelle Saint-Privat La chapelle Saint-Privat est le dernier vestige d'une église plus ancienne, située au 4 rue des Volontaires à Montigny-lès-Metz, à près de 3 km des murs de la ville médiévale. Une église primitive y était installée dès le IXe siècle, dédiée au martyr du IIIe siècle saint Privat. En 1522 lors d'une phase de reconstruction des voûtes de l'église « Saint-Privat-aux-Champs » située hors des murs, Philippe de Vigneulles raconte la découverte d'une stèle romaine dans les fondations de l'édifice. L'église était en fait située en pleine nécropole antique, au carrefour de deux axes romains : de la route nord-sud qui reliait Aix-la-Chapelle à Dieulouard et de la route est-ouest qui menait à Reims. Pendant le siège de Metz par Charles Quint en 1552, l'église est détruite. Elle est reconstruite autour de 1560. En 1810, l'église est de nouveau détruite dans le cadre du percement de la rue Franiatte. Il n'en subsiste que la chapelle qui a été entièrement restaurée en 2008. -
Chapelle Saint-Rémy de Woippy Cette modeste chapelle située sur le ban de Woippy avait pour particularité d'être une "chapelle épiscopale" : elle appartenait à la cathédrale Saint-Etienne et un chanoine en était le chapelain. La chapelle a disparu à la Révolution. En mars 1952, lors de travaux à proximité, on met à jour de nombreux ossements, une statuette et un fragment d'épitaphe : il s'agissait probablement de l'ancien cimetière de la chapelle.
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Croix d'Ancerville La croix d'Ancerville est une croix de chemin située rue d'Outry, qui formait un hameau isolé jusqu'au XXe siècle. Sur un socle cubique, un fût porte la représentation de la Crucifixion sur deux volutes. On reconnaît Marie et Jean autour de Jésus en croix, le titulus au-dessus et le crâne d'Adam à ses pieds. Elle est renversée en 1793 lors de la Révolution française et relevée par la suite. -
Église de Fèves L'église de Fèves, consacrée à sainte Sérène puis aujourd'hui la Nativité-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie, était la chapelle d'un prieuré de l'ordre des Prémontrés, et dépendait de l'abbaye de Saint-Pierremont. Elle est reconstruite au début du XVIe siècle, alors que Nicolas Collignon de Briey est abbé de Saint-Pierremont et que Lambert Pierresson est prieur. Une clé de voûte porte la date de 1509. On remarque aussi les dates de 1523 sur la clef de voûte de l'abside et de 1529 sur un contrefort. Le bâtiment se compose d'une abside à trois pans, d'une nef de trois travées et d'un clocher-porche. Les trois baies de l'abside conservent des vitraux de Thomas de Clinchamp, maître-verrier de la cathédrale de Metz. Le clocher, du XVIe siècle pour sa partie basse, conserve une remarquable décoration qui mêle une structure gothique flamboyant à des détails empruntés à la première Renaissance (putti, guirlandes, etc.) Devenue église paroissiale en 1761, l'église est aménagée en style néo-gothique à la fin du XIXe siècle sous la direction de Paul Tornow, avec notamment la construction d'une flèche sur le clocher. -
Église de Génicourt-sur-Meuse Génicourt-sur-Meuse est à 70 km de Metz, mais au XVIe siècle, la seigneurie est partagée entre les Apremont et les Le Gronnais, depuis que François Le Gronnais y a acquis une engagère. L'église du village, dédiée à sainte Marie Madeleine, est reconstruite en 1524 et dotée de nombreuses oeuvres d'art de grande qualité. On remarque notamment des vitraux commandés par les seigneurs du lieu à Valentin Bousch ou un verrier proche de son atelier. Une poutre de gloire portait trois statues : Marie et Jean entouraient le Crucifié. La crucifixion a parfois été attribuée à Ligier Richier. Le retable polychrome est inséré dans une clôture sculptée datée de 1531, de style Renaissance, aux armes de Philippe de Norroy et de Nicole d'Apremont. Dans la nef, une série de douze fresques représentent les articles du Credo avec les apôtres et les prophètes. -
Église de Lessy L'église du village de Lessy est dédiée à saint Gorgon. Cet édifice est une "petite forteresse", reconstruite en style gothique flamboyant est composé d'une nef de trois travées, de deux chapelles et d'une tour forte du XIIIe siècle. Selon Truttmann, cette tour est un ancien donjon transformé en clocher. Ses murs, d’une épaisseur d'1m60, sont percés de meurtrières. Le portail et le chœur à oculus datent du XVème siècle. Dans la chapelle, les fresques gothiques représentent saint Pierre et saint Paul. Des cadrans solaires sont encore visibles sur la façade du donjon construit en pierre jaune de Jaumont. Le cimetière conserve des traces de fortifications. -
Église Notre-Dame d'Ancy-sur-Moselle L'église d'Ancy porte le vocable Notre-Dame de l'Assomption. Elle est construite au XIVe siècle et fortifiée vers 1350. Le clocher, seul reste d'une église romane précédente, était couronné d'un hourd en bois, galerie de circulation pour les défenseurs. Ce hourd disparaît en 1863. Lors des travaux de restauration après la seconde guerre mondiale, le hourd est remplacé et la flèche encore visible aujourd’hui est construite. Une inscription commémorant la prise de l'église et de son fort-moutier ainsi que le massacre des hommes du village en 1490 est placée sur le clocher. -
Église Saint-Alban de Sorbey L’église Saint-Alban de Sorbey a été reconstruite en 1896 dans un style néo-roman. Le bâtiment précédent construit dans le style roman pourrait remonter au XIe siècle. L'abbé Adam Pefferkorn, pionnier de la photographie en Moselle, a photographié l'église romane peu de temps avant sa destruction : le chœur avait perdu sa couverture et était étayé. Le seul vestige de l’édifice primitif est le clocher roman, disproportionné par rapport à l'énorme église néo-romane. -
Église Saint-Arnould d'Arry L'église Saint-Arnould d'Arry dépendait de l'abbaye Saint-Arnoul de Metz. Construite à partir du XIIIe siècle, époque de transition entre roman et gothique dans la région, elle serait une des plus anciennes églises fortifiées de la région. La tour au-dessus du choeur est un puissant donjon rectangulaire, adapté à l'artillerie au XVe siècle. Deux échauguettes témoignent peut-être d'un ancien chemin de ronde installé sur un toit en terrasse. La nef est lambrissée, rectangulaire, de 14 m. sur 8, avec une nef collatérale. Le choeur rectangulaire est voûté d'ogives. La chapelle de la Vierge, édifiée en retrait du chœur et moins haute que lui, peut dater du XIVème siècle. Un avant-chœur est séparé de la nef par un arc triomphal reposant sur deux colonnes aux chapiteaux sculptés. La porte d’entrée est surmontée d'une statuette de saint Arnould assis dans une niche. -
Église Saint-Marcel d'Ennery L'église Saint-Marcel d'Ennery a été reconstruite a la fin du XVe siècle ; le choeur flamboyant est toujours conservé. Les vitraux du chœur sont réalisés en 1548 par le maitre verrier Valentin Bousch. L'église servait de chapelle au château de la famille des Heu, seigneurs d'Ennery durant plusieurs siècles. Au XIXe siècle, l'église est restaurée avec l'ajout du clocher en 1857 et sa façade qui a été rénovée. -
Église Saint-Pierre de Luttange L’église Saint-Pierre de Luttange, datant à l’origine du XIIIe siècle, est plusieurs fois détruite à l'époque moderne, et totalement reconstruite en 1881 sous l’impulsion du curé Eugène Watrin. Grâce à l’architecte Hermann, originaire de Thionville, l’église est consacrée le 4 octobre 1882, sous un style néo-gothique. L’édifice a été construit en plan de croix latine. Il est composé d’une nef centrale plus haute que les bas-côtés, d’un chœur et d’un clocher. -
Église Saint-Pierre de Norroy-le-Veneur Norroy était un riche village dépendant du comté de Bar : Veneur est une déformation de l'ancien français « vineor », viticole. À flanc de coteau, son église Saint-Pierre est peut-être la plus impressionnante des églises fortifiées lorraines. La partie la plus ancienne est la crypte romane (vers 1050 selon François Voltz). Cette crypte est située sous le chœur et permet de rattraper la déclivité du terrain. Elle forme un rectangle d'environ 8,40 m sur 6,30 m, de trois nefs et de trois travées. Ses voûtes d'arêtes reposent sur quatre colonnes monolithiques. L'église est reconstruite à la fin du XIIIe siècle. La tour ouest est un donjon carré aux murs très épais, dans la salle à l'étage comportait une cheminée. Une tour de chœur lui fait face à l'est, dotée de mâchicoulis. Les voûtes de la nef datent des années 1434-1453 pour les deux premières travées (une clé de voûte portent les armes de René d'Anjou de ces années-là) ; dans les deux travées suivantes et le chœur, elles sont voûtées de liernes et de tiercerons flamboyants, une clé de voûte est datée de 1504. Au XIVe et XVe siècles, Norroy est partagé entre une part engagée par le duc de Bar à des sires lorrains, et une part engagée à des patriciens messins. Proche de Metz, il échappe pourtant au contrôle de la cité. Cette position frontalière fait qu'il subit les conflits jusqu'au XVIIe siècle. Les défenses se multiplient quand la situation se tend dans les années 1470. L'église est alors entourée d'un mur d'enceinte et d'une porte fortifiée. Des canonnières sont ouvertes dans les parties hautes des tours. Norroy est dévasté lors de la guerre de 1490. Après la guerre, l'église est restaurée et des fenêtres flamboyantes sont percées dans les murs des collatéraux ; dans la tour du chœur est installé un grand vitrail de Thomas de Clinchamp. Lors la guerre de Trente Ans, en 1635, les habitants se réfugient encore dans l'église. Une cloche de 2 tonnes est installée dans le donjon en 1691. Un ossuaire est situé le long du mur ouest. Il mesure environ 6,90 m de long pour 2,50 m de large et environ 2 m de hauteur. L'église est classée monument historique en 1983. -
Église Saint-Rémy de Vaux Datant du XIIIème siècle, l'église Saint-Remy, a été modifiées aux XVe et XVIe siècles. Elle a connu une rénovation importante de l’intérieur en 1878. Elle est classée monument historique depuis 1984. L'édifice faisait partie d’un ensemble défensif. La tour-donjon, déjà existante au XIIIe siècle, a été transformée à la fin du XIXe siècle : chaque face s'ouvre aujourd'hui par quatre baies néo-romanes. Migette documente l'état médiéval, qui comprend une simple archère sous des mâchicoulis. La nef était percée de deux baies gothique flamboyant : elle en compte désormais quatre.
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Église Sainte-Barbe L’église de Sainte-Barbe accueille un pèlerinage important au XVe siècle : sainte Barbe fait alors figure de sainte patronne du pays de Metz. En 1516, l'église est reconstruite par Claude Baudoche qui y fonde un couvent de clarisses : le XVIe siècle marque l'apogée du pèlerinage. Le clocher est achevé en 1604. Après l'extinction de la famille Baudoche, des moines bénédictins installèrent un prieuré en 1634. Les seules parties de l’édifice restant de l’époque de construction (début du XVIè siècle) sont la tour sud où se trouve le clocher, et le portail. Le reste a été détruit en 1826 : la commune refuse d'entretenir un bâtiment aussi grand et reconstruit une église plus petite. Le clocher échappe à la destruction pour des raisons militaires : surplombant le plateau lorrain, il constituait un point d’observation utile pour défendre l’accès à Metz, qui pouvait se faire par la porte Sainte-Barbe. Certains vitraux furent achetés par le chapitre de la cathédrale de Metz entre 1827 et 1829, puis placés dans les chapelles Saint-Livier et Saint Joseph, dans le déambulatoire de la cathédrale. -
Notre-Dame de Rabas Cette chapelle, isolée dans les bois de Villers-Bettnach, dépendait de l'abbaye Saint-Arnoul. Elle est attestée dès le XIe siècle et est un lieu de pèlerinage fréquenté par les Messins à la fin du Moyen Âge : comme à Sainte-Barbe, on peut faire l'aller-et-retour dans la journée. Comme d'autres sanctuaires de la région, la légende la rattache à Charlemagne, qui l'aurait fondé, tandis que son cheval aurait fait jaillir une source à proximité. La chapelle conserve deux statues polychromes de la Vierge à l'Enfant : la plus ancienne est conservée dans une niche de la façade, de la fin du XIVe siècle et était portée en procession sur des brancards ; la seconde est placée dans le choeur, peut-être depuis la reconstruction de celui-ci en 1496.
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Prieuré d'Aube Le prieuré Notre-Dame d'Aube, isolé au milieu des terres agricoles, a conservé l'allure d'un prieuré du Moyen Âge. Il est formé d'une ferme et d'une église : les bâtiments s'organisent en quadrilatère autour d'une cour centrale dans laquelle les constructions agricoles se disposent en U. Deux portails voûtés en pierre donnaient accès à la cour au sud, du côté de l'église et au nord (porche disparu). Le pigeonnier, massive tour coiffée d'un toit conique, était sans doute à l'origine une tour défendant l'entrée nord. L'église est composé d'une nef simple et d'un clocher octogonal, forme assez rare en Lorraine. Ce clocher présente des ouvertures en arc et des baies géminées reposant sur de petites colonnettes, caractéristiques de la transition de l'art roman à l'art gothique. Détruit lors du bombardement de 1945, il a été reconstruit à l'identique. Aube faisait partie des dépendances de l'abbaye bénédictine de Molesme, fondée en 1075 en Bourgogne, qui possédait un ensemble étendu de prieurés dans plusieurs diocèses, dont celui de Metz. Le prieuré d'Aube fonctionnait probablement comme un centre d'exploitation rurale, à l'image des granges monastiques (grangiae) par lesquelles les abbayes bénédictines administraient leurs domaines. L'agencement des bâtiments, organisés autour d'une cour centrale, correspond à cette fonction agricole. Le cadastre napoléonien mentionne par ailleurs le site sous le toponyme de « Cour d'Aube », encore utilisé aujourd'hui, ce qui pourrait renvoyer à une ancienne curtis monastique. La disposition générale et certains éléments bâtis, comme le pigeonnier, semblent avoir été conservés depuis. La fondation du prieuré semble liée à une donation effectuée par un seigneur nommé Guérin de Mousson (en latin Garinus de Moncione castro), sans doute originaire de Mousson, important château des comtes de Bar. D'après le cartulaire de l'abbaye de Molesme, il aurait fait don aux moines d'un ensemble de biens comprenant le domaine d'Aube, l'église associée, des terres et un espace boisé (« breuil »).