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Jean Fusoris (136.-1436)
Le chanoine Jean Fusoris est un célèbre astronome, connu pour les instruments d'astronomie qu'il a fabriqués. Il est né vers 1365 à Giraumont (Ardennes), d'un père potier d'étain, dont il reprend le nom : le Fondeur, Fusoris en latin. Après des études à l'université de Paris, il obtient le grade de maître en médecine, puis devient chanoine à Notre-Dame de Paris en 1411.
Il avait alors déjà rédigé un traité d'astronomie et produit des instruments pour de riches mécènes : astrolabes, horloges et sphères célestes. En 1415, alors que la guerre de Cent Ans reprend, il est arrêté, accusé de liens avec les Anglais parce qu'il s'est lié à l'évêque de Norwich, ambassadeur d'Henri V venu à Paris l'année précédente, et qu'il a lui-même fréquenté en Angleterre. Jugé par le chapitre, il est exilé à Mézières, sans perdre ses prébendes. En 1418, il obtient de s'installer à Reims. En 1424, il est à Bourges auprès de Charles VII, pour qui il fabrique une horloge astronomique monumentale, qui existe toujours dans la cathédrale du lieu. En 1429, il résigne son canonicat parisien, sans qu'on sache où il réside alors.
En septembre 1431, Jean Fusoris se fixe à Metz : il achète une maison canoniale, qu'il conserve jusqu'en août 1435. Il serait mort l'année suivante selon la tradition érudite.
Jean Fusoris a composé trois traités d'astronomie et de géométrie. En 1432, il compose en outre un traité de cosmographie (description du ciel et de la terre) en français, qu'il dédie aux chanoines de la cathédrale de Metz. Le seul exemplaire connu était en possession de chanoines messins au XVe siècle.
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Jean Gérard (142.-1509)
Jean Gérard est un villageois originaire de Vigneulles, sur la côte de Moselle. Il est maire de son village pour son seigneur l'abbé de Saint-Martin-devant-Metz.
Jean est le deuxième des cinq fils de Jennat et Colette Royne. Il épouse une orpheline de Norroy, Magui Poinsay. Le couple a 5 enfants, dont deux atteignent l'âge adulte, Colette et Philippe. Nous connaissons Jean surtout grâce au témoignage de ce fils, le célèbre écrivain connu sous le nom de Philippe de Vigneulles.
Veuf en 1480, Jean se remarie avec une femme plus âgée que lui. Quand Philippe est installé à Metz, le couple vient le rejoindre et habite rue de la Haye.
En 1490, Jean est enlevé en pleine nuit, avec son fils ; les ravisseurs, qui estiment que ce maire est riche et paiera une forte rançon, les emmènent en territoire lorrain, à Chauvency-le-Château. Il est libéré en janvier 1491 mais les autorités messines lui interdisent de payer une rançon aux ennemis. Philippe passe encore 11 mois en captivité.
Jean meurt âgé d'environ 80 ans en 1509.
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Jean le Sarte (14..-1510)
Jean le Sarte est échevin et maire du village de Lessy. En 1490, il échappe à des ravisseurs qui enlèvent le maire de Vigneulles, Jean Gérard ainsi que son fils Philippe de Vigneulles. Philippe est amoureux de la fille de Jean, Isabelle (ou Zabellin). En 1492, Jean refuse ce mariage. Philippe est alors contraint de se marier avec une épouse choisie par son propre père, mais celle-ci meurt prématurément. En 1494, le jeune veuf obtient le consentement de Jean le Sarte pour épouser Isabelle. Selon les Mémoires de Philippe de Vigneulles, Jean meurt le 16 août 1510, et son héritage déclenche un procès qui coûte cher au chroniqueur. Une stèle funéraire conserve la mémoire de ce notable dans l'église du village.
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Jean Praillon (1....-155.)
Jean Praillon fait une carrière au service de la ville : il est secrétaire des Treize.
Il rédige la dernière grande chronique messine du temps de la ville libre, avec un point de vue souvent critique sur le gouvernement des paraiges. Sa famille occupe ensuite une place importante dans le gouvernement urbain sous occupation française.
Il est un bienfaiteur du Petit-Clairvaux, dont il fait redécorer le choeur de l'église.
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Jean-Jacques Boissard (1528-1602)
Jean-Jacques Boissard est né en 1528 à Besançon. Il est issu d'une famille protestante cultivée. Il est très tôt confié à son oncle, professeur de grec. Il fait le tour de l'Europe, de Nuremberg à Venise devenant antiquaire. En 1559, il arrive une première fois à Metz où il devient précepteur de François, fils du baron de Clervant et de Copet. Pendant une quinzaine d'années, il refait un tour de l'Europe en tant que précepteur. Vers 1576, il revient à Metz et s'y installe. Sa maison, située en Fournirue, est démolie en 1843. Boissard s'occupe de l'éducation du deuxième fils du baron de Clervant. En 1583, il devient aussi précepteur du fils de Guillaume de Hesse grâce à sa bonne réputation. En 1587, il épouse Marie, fille de l'orfèvre Jean Aubry, qui obtient un privilège du roi Henri III en 1591 pour imprimer un recueil d'Emblèmes composés par Boissard. Leur fils, Jules Boissard décède très tôt dans sa jeunesse.
En 1602 Jean-Jacques Boissard décède à son tour à Metz.
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Jeanne de Marley (14..-14..)
Issue de la chevalerie lorraine, Jeanne de Marley épouse le seigneur de Sedan, Robert I de la Marck, et s'installe à Metz. Veuve en 1489, elle se remarie en 1491 avec un capitaine espagnol de passage. Ce mariage considéré comme une mésalliance fait scandale et est désapprouvé par ses enfants.
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Jeanne N., de Lorry (14..-15..)
L'ascendant de Jeanne est inconnue. En 1504, Jeanne est l'épouse de Collignon de Châtel, frère de Jean Gérard, et donc la tante de Philippe de Vigneulles, lorsqu'elle devient la marraine de son petit-neveu François de Vigneulles. Le couple habite à Lorry-lès-Metz.
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Johann Casimir I. Kolb von Wartenberg (1584-1661)
Johann Casimir I. Kolb von Wartenberg, ancien gouverneur du Palatinat pour l'électeur palatin, se réfugie à Metz pendant la guerre de Trente ans et y acquiert de nombreux manuscrits.
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Jost Haller (14..-14..)
Jost Haller était un peintre et enlumineur du XVe siècle, installé successivement à Strasbourg, Metz et Sarrebruck.
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Le vieux Hannes le Barbier (14..-15..)
Nous ne connaissons pas le patronyme d'Hannes, dit le Vieux de derrière Saint-Sauveur. Ce barbier résidait dans le quartier Saint-Jacques. À ce titre, il participe à la fête de la dédicace de l'église Saint-Jacques en 1513 organisée par Philippe de Vigneulles. Dès 1505, il devient le parrain de Jacques, fils de Philippe de Vigneulles et de Zabeline Le Sarte.
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Léonard Pricard (147.-1541)
Léonard Pricard est originaire d'Aix-la-Chapelle. Encore enfant, il devient apprenti à Metz chez un barbier lui-même sans doute d'origine allemande, Hannes, établi place du Quarteau. En 1485, Léonard joue le rôle principal d'un mystère joué près de chez son maître, place Saint-Louis : le mystère de sainte Barbe. Son jeu émeut tant la foule que les riches se disputent l'honneur de faire quelque chose pour lui. Le chanoine Jean Chardalle le prend alors sous sa protection et l'envoie faire des études dans « la meilleure école » de Metz (Vigneulles ne précise pas laquelle). Léonard joue à nouveau, l'année suivante, dans le Mystère de sainte Catherine, mais sa voix a mué et il a moins de succès. Mais à l'école, il se révèle extrêmement doué, et Chardalle l'envoie poursuivre sa formation à Paris, où il devient maître ès arts, ce qui est le premier degré de l'université. De retour à Metz, il devient maître d'école et « régent » de l'école de Saint-Sauveur dans les années 1490. Léonard ne n'arrête pas là : il obtient une prébende de chanoine dans sa ville natale d'Aix. Nous savons tout cela grâce à Philippe de Vigneulles, qui raconte le mystère de sainte Barbe et ne donne que le prénom du jeune acteur.
Or un seul chanoine d'Aix porte ce prénom : nous pouvons identifier l'ancien apprenti barbier avec Léonard Pricard, chanoine d'Aix de 1506 à 1541. Devenu un savant humaniste, Léonard a l'honneur de correspondre avec le « prince des humanistes », Érasme.
Les savants de la fin du XIXe siècle ont supposé que Philippe de Vigneulles et Léonard, qui devaient avoir le même âge, ont été amis d'enfance, et qu'en 1510, lors de son pèlerinage à Aix-la-Chapelle, Philippe en aurait profité pour aller rendre visite à son ancien ami devenu chanoine. Lui-même n'en dit rien ni dans sa Chronique, ni dans ses Mémoires. Il écrit seulement qu'il l'a connu quand il était maître d'école, et que l'ancien acteur amateur est devenu chanoine à Aix, un homme aux responsabilités importantes (« porter grand office »). Plutôt qu'un ami d'enfance, Léonard est pour Philippe un voisin du quartier Saint-Jacques et, peut-être, le maître d'école de ses enfants.
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Lowiat Estienne (14..-1500)
Lowiat Estienne est écrivain, c'est-à-dire rédacteur d'actes publics. En 1478, ce riche bourgeois est enlevé par un parti de génetaires (des cavaliers légers) avec son beau-frère, Hennequin l'Apothicaire, à Ars-sur-Moselle. Il est mentionné comme receveur de l'abbaye de Saint-Vincent entre 1478 et 1518. En 1504, il devient le parrain de François, fils de Philippe de Vigneulles et de Zabeline Le Sarte.
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Maheu Gourdat dit Linglois (13..-13..)
L'ascendance de Maheu Gourdat dit Linglois, un marchand du quartier de Saulnerie est inconnue. Il épouse en premières noces une certaine Martenette. Il se remarie avec Alixon, fille du tanneur Jacomin le Roussel. Il meurt à une date inconnue avant 1367, laissant Alixon dans un long veuvage. Les quatre filles issues de ses deux mariages sont mariées avec des hommes de paraiges. Maheu est-il inscrit lui-même en paraige ? On peut le supposer, mais la documentation conservée ne permet pas de le confirmer.
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Maître de l'Apocalypse de Liège (12..-13..)
Ce peintre est actif à Metz dans les années 1290-1310 et dirige un atelier important : son style est reconnaissable mais les oeuvres présentent souvent plusieurs mains. Le maître a été identifié par Alison Stones mais son identité reste inconnue. Il est donc appelé d'après une des œuvres qu'il a enluminée. A. Stones l'appelle le chef du "groupe du manuscrit Douce 308", d'après un des derniers manuscrits, Aurore Gasseau celui du "groupe de la charte de Sainte-Glossinde", d'après l'un des documents les plus anciens pouvant être rattaché à l'atelier.
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Mangette Granjean (14..-15..)
Mangette Granjean ou Grantjambe, bourgeoisie messine, épouse Nicolle ou Collignon d'Abocourt dit Fabelle, du paraige de Jurue. Au XVIe siècle, la famille Grantjambe était une famille bourgeoise aisée liée à l'exercice de l'écrit (écrivain du palais, amandellerie, etc.), mais qui n'était pas liée aux paraiges. Le couple a deux enfants connus, Jacomette et Jean. En 1495, Mangette devient la marraine de Jacomette de Vigneulles. Elle meurt, comme son époux Nicolle, à une date inconnue après 1511.
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Marguerite de Vigneulles (1501-155.)
Née le 26 août 1501, Marguerite de Vigneulles est la sixième enfant du couple de Vigneulles, et porte le prénom de sa grand-mère paternelle. En août 1516, elle épouse Jacomin Le Braconnier ; le couple a trois enfants, Philippe et Claude, qui meurent en bas-âge, et Catherine. Sa date de décès demeure inconnue, cependant on suppose que sa mort se situe dans les années 1550.
Elle a eu pour parrain Baudat Blanchard et pour marraines, Mariette, épouse de Jacomin Daiton, et Diatte.
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Mariette Le Loups (14..-1493)
Mariette est la fille du maire d'Hagondange, alors au Luxembourg germanophone. Elle épouse Philippe de Vigneulles en mai 1493. Le jeune couple s'installe alors au Rimport, et Philippe tient boutique de draps et de chausserie. Mariette meurt jeune le 12 décembre 1493 et est inhumée dans l'église Saint-Ferroy.
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Mariette N. (14..-15..)
L'ascendance de Mariette est inconnue. En 1501, elle est l'épouse de Jacomin Daiton, un pelletier de Metz, alors qu'elle devient la marraine de Marguerite, fille de Philippe de Vigneulles et de Zabeline Le Sarte. Jacomin Daiton est mentionné en 1513 comme un homme assez âgé.
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Martin d'Ingenheim (143.-1516)
Martin d'Ingenheim est clerc et secrétaire des Sept de la Guerre au service de la ville de 1471 jusqu'à son décès en 1516. Il est blessé à la tête par un carreau d'arbalète lors de l'attaque surprise de la ville en 1473. En 1480, il est marié avec Catherine, fille de Pierson, fabricant de galoches à semelles de bois. En 1512, alors sans doute octogénaire, il remplit encore ses fonctions de secrétaire et participe à une ambassade messine pour assister à la diète impériale à Trèves avec Gérard Tanard aussi clerc des Sept.
Avec lui apparaît une puissante « dynastie familiale » de clercs des Sept de la guerre qui se maintient jusqu'au basculement de souveraineté de 1552 : son neveu, appelé Martin le Jeune d'Ingenheim, occupe lui aussi le rôle de clerc des Sept à partir de 1505, puis le fils de ce dernier, François d'Ingenheim, licencié en droit de l'université d'Heidelberg, recruté vers 1548.
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Martin Jean d'Ingenheim le Jeune (14..-153..)
L'ascendance de Martin d'Ingenheim le jeune n'est pas connue. Mais il est le neveu de son homonyme, Martin d'Ingenheim le vieux, tous deux occupent l'office de clerc des Sept de la guerre. entre 1522 et 1536, il agit aussi à titre de notaire public. Il épouse en premières noces une certaine Isabelle. Devenu veuf entre 1509 et 1514, il épouse Perrette Bay, sans doute déjà à un âge avancé. Il meurt vers 1538. Son fils François, après des études universitaires à Heidelberg en droit, devient comme son père clerc des Sept de la guerre.
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Martinette N. (1...-1535)
Martinette est une servante du chanoine de la cathédrale Christophe Henrici. Elle décède en 1535 et lègue deux bijoux au chapitre : un chapelet qu'elle offre à Notre-Dame-de-Lorette, le sanctuaire qui vient d'être construit dans le cloître, et une bague qu'elle offre au reliquaire de saint Étienne.
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Michel Cunehem (14..-14..)
Michel Cunehem, dont l'ascendance nous est inconnue, est un noble qui vient s'installer à Metz par son mariage avec Isabelle Baudoche, veuve de Wiriat de Toul. Il est reçu dans la bourgeoisie de Metz le 14 octobre 1460, dont nous avons conservé le serment aux autorités urbaines. Il meurt à une date inconnue après 1484.
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N., épouse de Jean de Lorry (14..-1...)
On ignore le nom de l'épouse de Jean de Lorry, teinturier, lequel vivait encore en 1480 et 1481, mentionné par Jean Aubrion dans son journal comme bourgeois et échevin de la paroisse Saint-Jacques. En 1498, elle devient la marraine de Jean, fils de Philippe de Vigneulles et de Zabeline Le Sarte.
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N., femme de Mathieu Bay (14..-15..)
On ignore le prénom de la femme du marchand Mathieu Bay.
En 1500, elle est la marraine d'André de Vigneulles.
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Nicolle Geoffroy (14..-14..)
Nicolle Geoffroy (ou Jouffroy) est originaire de Luxeuil-lès-Bains. Elle est la nièce de Jean Geoffroy, évêque et cardinal d'Albi. Ce serviteur de Louis XI avait cherché à être abbé dans la région de Metz : il brigue l'abbaye de Gorze en 1467, puis celle de Saint-Clément ; il est finalement abbé de Saint-Symphorien de 1468 à sa mort en 1473. En 1475, Nicolle épouse le Messin Wiriat Louve, mais le mariage est de courte durée. Son époux part en pèlerinage vers Jérusalem en mars 1478. Il meurt à Rhodes au retour. apprend la nouvelle en 1480. Veuve et sans enfants, elle vend tous ses biens pour fonder le couvent des Soeurs Colettes à Metz. Elle se retire ensuite dans le couvent, avant d'être transférée à paris au couvent de l'Ave Maria, où elle finit saintement ses jours.