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Chapelle des Templiers La chapelle des Templiers est le dernier vestige de la commanderie du Temple installée dans le sud-est de la cité de Metz vers 1147. Elle a la forme d'une rotonde octogonale, qui rappelle le Saint-Sépulcre de Jérusalem.
La commanderie est peut-être désacralisée dès 1552, et intégrée dans la citadelle ; seuls demeurent la chapelle, transformée en entrepôt, et une salle décorée d'un plafond peint, qui a pu être un réfectoire ou une salle capitulaire. Classée monument historique dès la première liste de 1840, la chapelle est sauvée de la destruction en 1861. Elle est alors dessinée et étudiée par les savants messins, mais le réfectoire est détruit par la suite. À l'intérieur, les fresques du XIVe siècle ont été très lourdement restaurées durant l'annexion.
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Chapelle des Lorrains, Notre-Dame-de-la-Victoire Cette petite chapelle, consacrée le 29 septembre 1478, commémore l'attaque surprise du duc Nicolas de Lorraine le 9 avril 1473, miraculeusement mis en échec. La chapelle est dédiée à la Vierge Marie, protectrice de la Cité, comme l'indique l'inscription de 1478. Le compte de sa construction permet de savoir que le bâtiment a été construit par le maître d'oeuvre Clausse de Ranconval, et décoré de vitraux par les verriers Camay et Jean le Verrier. Il était composé de deux travées seulement, avec une sacristie et un beau porche flamboyant. La cité entretient le souvenir de l'attaque, en organisant des processions chaque 9 avril. Le 3 juillet 1483, une statue de la Vierge est apportée du château de Richemont, que la cité vient d'assiéger et de démolir. Une seconde inscription commémore le haut fait. La chapelle est détruite avec le quartier cathédral en 1754.
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Chapelle des Baudoche La chapelle des Baudoche, dédiée à Saint Nicolas, occupait le bras sud de l'ancien transept de l'église Saint-Martin. Elle est fondée en 1506 par les trois frères Baudoche, Claude, Jean et Nicolas, qui exécutent ainsi la volonté testamentaire de leur père, Pierre.
La chapelle était reliée à l'hôtel Baudoche, de l'autre côté de la rue, par une galerie aérienne. Les travaux d'alignement de la rue en 1817-1818 entrainent la démolition du transept et de la disparation de la chapelle. Certains vitraux sont réinstallés dans le mur sud.
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Arnaud, Ancienne église Sainte-Élisabeth rue des Trinitaires Metz Metz (Moselle)
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Ancien cimetière juif
La communauté juive de Metz n'est plus mentionnée dans les sources écrites après 1206. Cependant le cimetière juif existait encore au XIIIe siècle. Une mention sans date de cette époque situe la grange d'un drapier, Garsat Grassecher « leiz lou cimetier des juis » (AD57 H 1419), c'est-à-dire « à côté du cimetière juif ». Celui-ci était peut-être déjà désaffecté.
Jean-Luc Fray pose l'hypothèse que le cimetière aurait été situé au bord de la Seille sous la colline Sainte-Croix, vers Vésigneul, la Saunerie ou la rue du Tombois. Il aurait donc été originellement extra-muros, avant l’élargissement des murailles. Cette mention est l'unique mention écrite de l'ancienne communauté juive au temps du régime des paraiges.
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Abbaye Sainte-Marie-aux-Nonnains L'abbaye Sainte-Marie-aux-Nonnains (aussi désignée au Moyen Âge comme l'abbaye Sainte-Marie-aux-Dames) a été fondée vers 995-1005, sous l'impulsion de l'évêque Adalbéron II. Elle était une des trois grandes abbayes féminines de Metz, avec les deux monastères plus anciens de Sainte-Glossinde et de Saint-Pierre-aux-Nonnains, son voisin. Le monastère était situé dans l'angle sud-ouest des murailles de la ville, l'entrée s'ouvrait sur la rue Serpenoise.
Le couvent a peut-être brûlé lors de la guerre de 1324 ou lors de la révolte qui suivit : en tout cas, les archives antérieures font défaut. Puis, entre 1331 et 1345, l'église abbatiale et autres bâtiments conventuels ont connu des travaux importants. La communauté comptait une dizaine de religieuses aux XVe et XVIe siècles.
Après le siège de Metz, le quartier devient la nouvelle citadelle : la communauté est expulsée par l'armée et relogée près du Moyen Pont, dans les locaux de la commanderie de Saint-Jean. Le déménagement a lieu le 16 février 1565 (ancien style), sous l'abbatiat de Blanche d'Haussonville. L'ancienne abbaye est peu à peu démolie : l'église disparaît en 1861 ; les derniers vestiges ont disparus dans les années 1900.
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Abbaye Sainte-Glossinde
L'abbaye Sainte-Glossinde est une des principales communautés monastiques de Metz, occupée par des religieuses bénédictines. Elle est fondée par sainte Glossinde, la fille d'un aristocrate franc, au début du VIIe siècle, près de la porte Serpenoise : selon la tradition, le monastère occuperait une propriété de la famille de Glossinde. De fait, une aile du monastère moderne est construite sur des cryptoportiques (entrepôts romains souterrains) de la fin de l'Antiquité.
Les bâtiments monastiques et l'église sont reconstruits entièrement au XVIIIe siècle en style baroque : à part des fragments de vitraux dans l'église, il ne reste rien du monastère médiéval. L'abbaye abrite l'évêché de Metz depuis 1802.
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Abbaye Saint-Vincent L'abbaye Saint-Vincent a été fondé par le grand évêque Thierry Ier (965-984), conseiller des empereurs ottoniens. L'abbaye devient alors un brillant centre intellectuel. Son église reconstruite à partir de 1248 est un des plus précoces et des plus beaux sanctuaires de style gothique de Lorraine. Elle compte une nef de quatre travées et trois tours, deux autour du choeur et un « haut clocher » en façade. Les bâtiments de l'abbaye connaissent au début du XVIIIe siècle plusieurs incendies et une vaste campagne de reconstruction. Très dégradée, la tour de façade est démolie dans les années 1750 ; la nef est alors prolongée de deux travées dans le style gothique, et fermée par une façade baroque. La Révolution supprime l'abbaye. L'église devient une paroisse au XIXe siècle, et les bâtiments monastiques accueillent le lycée de la ville, actuel lycée Fabert. L'église est désacralisée en 2012. Elle sert actuellement de lieu d'exposition.
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Abbaye Saint-Symphorien
L'abbaye Saint-Symphorien était une des quatre grandes abbayes bénédictines de Metz. Le site initial correspond à l'actuelle caserne De Lattre : c'était celui de l'ancienne basilique des Saints-Innocents, fondée dans la zone de la nécropole antique par le saint évêque Pappol. Elle serait devenue la nécropole des évêques après la mort de Pappol en 614.
En 984, l'évêque Adalbéron II reconstruit l'église et la transforme en abbaye bénédictine d'hommes ; elle est renommée Saint-Symphorien. Un bourg se développe alors au sud de l'abbaye, autour de l'église paroissiale Saint-Goery.
Détruite lors du siège de 1444, l'abbaye est transférée dans les murs en 1449. La communauté occupe alors l'église paroissiale de Saint-Hilaire-le-Petit, qu'elle reconstruit entièrement à partir de 1481 : le nouveau Saint-Symphorien est une des églises les plus monumentales de la ville.
Mais après le siège de 1552, le commandement français détruit sans pitié le quart sud-ouest de la ville pour y établir une citadelle : le nouveau monastère est rasé. La communauté, à nouveau déplacée, acquiert les hôtels de Philippe Le Gronnais et des Baudoche et reconstruit le couvent autour.
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Abbaye Saint-Pierre-aux-Nonnains L'abbaye Saint-Pierre était avec Sainte-Glossinde l'une des deux principales communautés de religieuses bénédictines de Metz. Fondée à la fin du VIIe ou au début du VIIIe siècle par sainte Waldrade, elle devient une abbaye royale à l'époque carolingienne ; les ducs de Lorraine succèdent aux rois et empereurs dans le rôle de protecteur de l'abbaye.
La communauté compte entre 7 et 12 religieuses aux XVe et XVIe siècles, qui peuvent vivre avec une « nièce », une enfant appelée à leur succéder. Les religieuses sont expulsées dans les années 1560, quand le sud-ouest de la cité de Metz devient la nouvelle citadelle. Les bâtiments monastiques sont en partie détruits, en partie occupés par l'armée française qui installe un garage dans l'église.
Il en reste aujourd'hui une partie du cloître et l'église. Cette dernière s'était installée dans un bâtiment romain : elle a eu la réputation d'être la plus ancienne de France. C'est plutôt les murs eux-mêmes qui peuvent être datés du IVe siècle, sans qu'on sache si l'édifice était civil ou religieux. Les transformations intérieures, de l'époque carolingienne à la fin du Moyen Âge, ont été bien étudiées par les archéologues, à partir des fouilles allemandes de 1942-1944. La basilique romaine, peut-être inachevée, devient église abbatiale vers la fin du VIIe siècle. Elle garde son aspect de nef unique sous une charpente. Elle est dotée au siècle suivant d'un chancel, une barrière de chœur sculptée. Ce chancel est un témoin extrêmement rare de l'aménagement intérieur des églises du haut Moyen Âge. Il est conservé à Metz au Musée de la Cour d'Or. À la fin du Xe siècle, quand les empereurs réforment l'abbaye, la basilique est transformée en église à trois nefs. Le chancel démonté est réemployé dans les nouveaux piliers. Une tour est construite en façade ouest, aujourd'hui détruite : la façade ouest actuelle est le mur interne de la tour. La charpente cède la place à une voûte d'ogive à la fin du Moyen Âge. L'occupation militaire entraîne la destruction des voûtes, du clocher, ainsi peut-être que de l'abside romaine, située à l'est, qui avait pu subsister jusque là.
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Abbaye Saint-Martin devant Metz
L'abbaye Saint-Martin était située hors-les-murs, en rive gauche de la Moselle. Elle aurait été fondée vers 630-650, peut-être par le roi d'Austrasie Sigebert III qui y est inhumé en 656. Il s'agit d'une des principales abbayes bénédictines de Metz. Au XIe siècle, le corps de Sigebert, vénéré comme un saint, est transféré de la crypte dans la nef, inaugurant un pèlerinage. Autour de l'abbaye, un village se crée qui prend son nom : le « Ban-Saint-Martin », c'est-à-dire la seigneurie de l'abbaye Saint-Martin. De sa fondation royale, l'abbaye conserve des liens avec les ducs de Lorraine : elle forme une enclave du duché aux portes de la ville. En 1429, un conflit autour de son statut déclenche une guerre entre Metz et le duc Charles II : c'est la « guerre de la hottée de pommes ». Selon les chroniqueurs messins, le casus belli aurait été un panier de pommes emmené dans la ville par l'abbé, ce qu'aurait refusé le duc. L'abbaye et le village sont détruits à l'issue de la guerre de 1429, après que les reliques aient été mises à l'abri à Nancy. Reconstruit, le monastère ne retrouve pas sa prospérité. La cité interdit aux bourgeois de Metz de construire au Ban-Saint-Martin. L'abbaye est détruite à nouveau lors du siège de 1552 : la communauté se réfugie alors en Lorraine et fonde la primatiale de Nancy. La cité acquiert le Ban-Saint-Martin du duché de Lorraine en 1604.
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Abbaye Saint-Clément
L'abbaye Saint-Clément s'installe au Sablon près de l'amphithéâtre au Xe siècle, en utilisant le site d'une basilique antique appelée Saint-Félix, construite au Ve siècle et détruite lors des raids des Hongrois. A la fin du Xe siècle, la communauté entend rivaliser avec la cathédrale et revendique le titre de premier lieu de culte de Metz, autour des reliques de saint Clément, qui aurait été le premier évêque de la cité, qu'elle part d'une légende de fondation (le Graoully).
Au XIIIe siècle, une foire annuelle se tient près de l'abbaye au mois de mai ; le champ de foire était situé au sud du pont Amos. L'abbaye est prospère et possède plusieurs prieurés et gagnages autour de Metz.
Lors du siège de 1552, l'abbaye est entièrement détruite. La communauté se réinstalle sur l'île Chambière. Il en reste l'église, aujourd'hui paroisse Saint-Clément, et les bâtiments monastiques devenus l'hôtel de région.
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Abbaye Saint-Arnoul
Ce sanctuaire était situé au sud de la cité antique, dans le quartier des nécropoles, sur la route du sud vers Toul. Il s'agisssait de la plus ancienne église chrétienne de la région, avec Saint-Pierre-aux-Arènes. La tradition du Haut Moyen Âge évoque une fondation par saint Patient au IVe siècle ; les fouilles archéologiques attestent d'une basilique du Ve siècle. Elle porte à l'origine le vocable de basilique des Saints-Apôtres. En 640-641, elle devient un monastère, sous le nom de Saint-Arnoul. A cette date y est en effet inhumé Arnoul, puissant homme de pouvoir du royaume d'Austrasie devenu évêque de Metz en 614-629. L'abbaye fait office de nécropole pour les Carolingiens, descendants d'Arnoul : on y conservait notamment le tombeau de l'empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, dans un sarcophage antique de remploi, mais aussi d'Hildegarde sa mère, et de plusieurs de ses frères et soeurs, dont l'évêque de Metz Drogon.
Au Moyen Âge, l'abbaye est une des principales de Metz et un lieu de mémoire majeur de la cité.
Lors du siège de Metz par Charles Quint en 1552, le commandement français décide de raser les faubourgs de la ville et n'hésite pas à détruire l'abbaye. La communauté se réinstalle dans le couvent des Dominicains, intra-muros, et y remonte le tombeau de Louis le Pieux. L'abbaye est supprimée à la Révolution et son église détruite ; les bâtiments monastiques sont alors occupés par l'armée : d'abord école d'artillerie, ils abritent ensuite le mess des officiers.
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Abbaye Notre-Dame, dite le Petit-Clairvaux
L'abbaye Notre-Dame, dite le Petit-Clairvaux, a accueilli une communauté de soeurs cisterciennes du XIVe siècle à la Révolution. Le monastère doit son surnom au monastère de Clairvaux en Champagne, celui du fondateur des Cisterciens, saint Bernard de Clairvaux. Les moines cisterciens n'y résident que de 1289 à 1304 : ils sont alors remplacés par des femmes. Leur église devient un lieu de sépulture pour les familles des paraiges. De grands travaux ont lieu au début du XVIe siècle, sous le priorat de Mangette Rager, puis l'église et la salle capitulaire sont reconstruites lors à partir de 1544, financés par Pierron de la Maxe et sa femme Françoise.
L'abbaye est supprimée en 1756. Au cours du XIXe siècle, ses bâtiments sont peu à peu détruits au profit de fabriques, dont une usine de boîtes de conserves, la firme Moitrier. Des fresques et des épitaphes sont connus par des relevés. Plusieurs fragments de sculptures, extraits des ruines, rejoignent les collections du musée de la Cour d'Or. Les derniers vestiges de l'abbaye sont rasés pour construire un garage en 1953.
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Abbaye Notre-Dame du Pontiffroy
Cette abbaye est fondée à la porte du Pontiffroy par Poince Ruece et son fils Jean de la Court en 1321 : elle accueille une communauté de religieuses cisterciennes, remplacées par des religieux à une date inconnue. L'abbaye reste de taille modeste durant tout le Moyen Âge. En 1565, les travaux de renforcement de l'enceinte entraînent la démolition du monastère : les religieux sont relogés dans la cour de Justemont, à côté de l'église Saint-Georges.