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Maison-forte de Port-sur-Seille
Cette maison-forte est reconstruite dans la première moitié du XVe siècle par Philippe de Norroy, seigneur de Port-sur-Seille. Capturé à la bataille de Bulgnéville au service du duc de Lorraine René d'Anjou, il est rançonné par les Bourguignons et n'a pas les moyens de terminer les travaux. En 1431, il engage à la cité de Metz un tiers du château et un quart du village, à tenir en indivision avec lui. En 1444, la cité y entretient un châtelain à la tête d'une garnison : tout en appartenant encore à ses seigneurs, la maison-forte est intégrée à la défense du pays de Metz, dont elle protège la frontière sud, à 10 km à peine de la ville ducale de Pont-à-Mousson.
Les combats de 1914-1918 dévastent le site, dont il ne reste plus que les bases des courtines, et une grande tour carrée, qui comprend deux caves, une grande pièce d'apparat de 100 m² au rez-de-chaussée et les ruines de deux étages.
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Maison-forte de Louvigny (ban Bazin) Il y avait au XVe siècle trois maisons-fortes à Louvigny, car le village était divisé en trois bans seigneuriaux. Il semble que le ban Bazin appartenait en 1387 à Nicole Mortel, qui la cède ensuite à Jean de Jametz. En 1396, Jean Dieu-Ami acquiert le ban en gagière et le possède en 1404. Par sa fille Perrette, la maison-forte passe ensuite dans la famille Le Gronnais. Claudine ou Claude Le Gronnais, épouse de Christophe d'Orjeault, en hérite de son père Michel. Le couple fait reconstruire le bâtiment qui avait été endommagé par la guerre de 1490. Un cartouche daté de 1536 permet de dater l'achèvement des travaux. La maison-forte est alors une place de défense dotée de canonnières et une demeure de plaisance dont il reste quelques décors peints. Le site sert de poste de commandement allemand pendant la Première guerre mondiale et subit de graves dommages, à cause notamment de la construction de blockhaus. La maison-forte est restaurée par une association dans les années 1990 et inscrite aux Monuments historiques, puis à nouveau abandonnée.
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Maison-forte de Bratte
Au début du XVe siècle, la maison-forte de Bratte est tenu par Pierre Renguillon, qui l'a tient par son mariage avec Halwis de Vatimont. Elle est attestée à partir du début du XIVe siècle comme un fief du comté de Bar. Ses vestiges sont intégrés dans une exploitation agricole. Le pigeonnier et l'étable sont modernes, mais le donjon rectangulaire de 20 m. sur 16 de côté et de 7 m. a conservé sa disposition de maison-tour : salle avec grande cheminée au rez-de-chaussée, étage noble habité et greniers au 2e étage.
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Maison-forte d'Aubigny
En 1404, Jean de Vy possède la terre d'Aubigny, près du village de Colombey aujourd'hui disparu (commune de Coincy). Son métayer y élève un troupeau de vaches. Au XVIe siècle, la maison-forte est une possession des Roucel, après un jeu d'alliance entre les familles de Vy et Baudoche.
En 1564, à la mort d'Androuin Roucel, sans descendance, un conflit de succession éclate entre ses petites-nièces et son petit-neveu. Philippe Roucel avait hérité de son père Warin Roucel d'une moitié de la maison-forte d'Aubigny, alors que les deux filles de Livier Roucel, Anne et Marguerite, cherchaient à recevoir l'autre moitié que possédait Androuin Roucel.
L'actuel château, inscrit aux Monuments historiques, date des XVIe-XVIIIe siècles ; c'est une demeure privée.
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Maison Saint-Aultre
Cette maison derrière l'église Saint-Simplice était rattachée à la légende de saint Aultre (ou saint Auctor), pauvre savetier devenu évêque de Metz au temps de la destruction de Metz par les Barbares. A proximité, la fontaine Saint-Aultre était fréquentée par les mères pour y guérir leurs enfants. Au XIVe siècle, la maison appartient à la famille Mortel. Alixette Mortel en hérite ; en 1381, elle la vend à la paroisse Saint-Simplice.
Le site de la maison Saint-Aultre a servi au presbytère de la paroisse, qui a été détruit tout comme l'église pour ouvrir la place Saint-Simplice à la Révolution.
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Maison des têtes La Maison des têtes a été construite entre 1518 et 1529 au 33 en Fournirue : les dates étaient inscrites sur un écu au linteau de l'escalier. Elle doit son nom aux cinq bustes sculptés qui figuraient sur sa façade. Le plan de la maison est celui des principaux hôtels particuliers messins depuis le Moyen Âge : une maison bloc à deux étages avec une galerie au premier, l'étage noble, et une tour d'angle abritant un escalier à vis. Mais par son décor, cette maison était peut-être le plus bel exemple de décor Renaissance du début du XVIe siècle à Metz. Le projet de démolition, à la fin des années 1960, rencontre une vive opposition : la maison des Têrtes devient le symbole de la destruction brutale du patrimoine ancien de Metz. La maison est détruite en 1974 lors de la construction du centre Saint-Jacques. La façade a été reconstituée en 1976, mais au n°51 en Fournirue. Les bustes qui y figurent sont des reproductions.
À la fin du XVIe siècle, la Maison des têtes était la demeure de l'orfèvre Jean Aubry et a pu être construite par un de ses ancêtres. La façade et l'escalier de la maison étaient ornés de nombreuses sculptures Renaissance. Quatre des bustes ont été déposés et vendus en 1913, sont aujourd'hui conservés au musée de la Cour d'or qui les avaient rachetés en 1973. Le cinquième buste est lui conservé au Museum of Fine Arts de Boston. Une autre sculpture de tête, qui ornait la cour, est au musée de la Cour d'or. Deux dernières têtes sculptées ont disparu et ne sont plus connues que par des relevés de l'archéologue Wilhlem Schmitz à la fin du XIXe siècle.
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Maison des Lombards
Cette maison occupait l'angle de la Jurue (n°29) et de la rue de la Fonderie, actuelle rue de l'Abbé-Risse (n°1). Du XIVe siècle à 1514, elle est connue comme "maison des Lombards sur le Mur".
A la fin du XIVe siècle, il s'agit d'une des trois "tables" de crédit sur gages tenues à Metz par des financiers italiens, avec celle de Porte-Moselle et celle de Porsaillis. Entre 1406 et 1430, l'établissement est tenu par la famille Fraxinel, des banquiers de Verceil en Lombardie : Antoine en 1406, Perceval en 1430. En 1430, la table "sur le Mur" est la dernière existante : elle est supprimée par la cité qui l'acquiert pour en faire un crédit municipal.
Côté Jurue, la maison a conservé des fenêtres trilobées, une devanture d’échoppe avec un arc en anse de panier et une porte d’entrée Renaissance. Côté cour, on remarque des arcs surbaissés et un escalier de style classique.
Une peinture murale a été mise à jour au XXe siècle sur le mur d'une des trois pièces du rez-de-chaussée, aux armoiries non identifiables.
Un plafond peint a été découvert à la fin du XIXe siècle dans une autre des trois pièces.
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Maison de Pierre Perrat
Pierre Perrat, employé par le chapitre comme maître-maçon (architecte) de la cathédrale à la fin du XIVe siècle, habite une maison située à Porsaillis, dans la paroisse Saint-Simplice, à partir de 1387. Il la loue au chapitre pour le prix de 9 livres et 100 sous. Selon le censier de la cathédrale, il y habitait avec sa fille Alixon et sa belle-fille Lorette.
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Maison de Philippe de Vigneulles
La maison du chroniqueur Philippe de Vigneulles a entièrement disparu, mais ses Mémoires et sa Chronique en parlent à plusieurs reprises. En mai 1494, Philippe se remarie avec Isabelle le Sarte. Le couple emménage dans une maison ayant appartenu à Mangin le tailleur, située derrière Saint-Sauveur, au coin ( « sur le tour ») de la rue des Bons-Enfants. On peut identifier son emplacement avec l'angle que faisait la rue, aujourd'hui entrée sud du centre Saint-Jacques, avec la rue de la Tête d'Or.
Dans les années 1500, Philippe achète deux autres maisons dans la même rue : en 1502, la maison Le Maignier qui appartenait à Baudat Blanchard, qu'il fait relier à sa première maison par une allée, et en 1509 la maison d'Humbert le boulanger. En 1513, quand il organise la grande fête de quartier de la Pierre Borderesse, il affirme être voisin de la pierre, située à l'angle des actuelles rue Ladoucette et de la Tête d'Or. L'une des deux maisons acquises dans l'intervalle est donc située à ce carrefour, à 150 mètres de la maison de Mangin le tailleur. Dans les années 1509-1511, il fait de grands travaux à cette maison, qui comprend alors une cour intérieure, un escalier à vis, une cheminée monumentale et un poêle.
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Maison de Perrin Mortel
La famille Mortel possédait plusieurs bâtiments sur le côté nord de l'église Saint-Simplice, maisons, remises et embarcadère sur la Seille, documentés à partir de 1303. À la fin du XIVe siècle, la maison de Perrin Mortel était située « derrière les changes », c'est-à-dire les étaux des changeurs de la place Saint-Louis. Alixette, fille de Perrin Mortel, vend la maison et ses dépendances au curé de Saint-Simplice en 1390. Le site est occupé à l'époque moderne par le presbytère de la paroisse.
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Maison de Nicole Hanrequel
La maison du marchand Nicole Hanrequel était située en haut de Fournirue selon Philippe de Vigneulles, devant l'église Saint-Gorgon dont elle était séparée par une ruelle. En 1504, un acrobate descend une corde tendue entre le clocher de la cathédrale et un pieu fiché devant sa maison (Chroniques de Vigneulles, t. IV p. 32) : on peut donc penser qu'elle était une des dernières de la rue, face à la cathédrale.
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Maison de Jean Jallée
Cette maison donnait sur le Champ-à-Seille. Elle a été détruite en 1375 et ne nous est connue que par les textes. Le riche Jean Jallée accueille chez lui Robert de Bar, le duc fait prisonnier par les Messins en avril 1368. Robert essaye de s'évader de chez son hôte et est transféré par la cité dans une autre maison. Deux ans avant, Bertrand le Hungre avait acheté une grange voisine pour y accueillir une chapelle : il y installe des moines Célestins en 1370. La Chronique des Célestins raconte que peu après, Jean Jallée entre en conflit avec Bertrand et son projet de couvent en plein quartier marchand. Le 15 août 1374, pendant que les moines chantent la messe de l'Assomption, Jean invite chez lui des ménestrels pour donner un concert de trompettes et tambours, pour troubler l'office. Peu de temps après, il meurt brutalement. Bertrand rachète alors sa maison en 1375 et la fait détruire pour agrandir le couvent : on y construit le réfectoire et la cuisine.
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Maison de Jean Gérard
Jean Gérard, maire de Vigneulles, se réfugie à Metz lors de la guerre de 1490. On ignore où il habite alors. Sa maison de la rue de la Haye est citée par son fils Philippe de Vigneulles pour la première fois en décembre 1491 : quand Philippe est libéré après sa captivité, c'est là qu'il vient retrouver sa famille. Philippe hérite de cette maison après la mort de son père, et y fait faire des travaux en 1511 et 1520.
L'emplacement exact. de la maison est inconnue.
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Maison de Jean Gemel
Dans la deuxième moitié du XIVe siècle, Jean Gemel habite une maison située rue des Gronnais (aujourd'hui rue du Grand Cerf) d'où le duc de Bar Robert prisonnier des Messins tente de s'échapper en 1368.
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Maison de Jacques Baudoche
La patricienne Jacques Baudoche, veuve de Nicolle Mortel, habite jusqu'à sa mort en 1400 dans une maison située sur le côté sud du Champ-à-Seille. Son beau-frère Bertrand le Hungre fonde le couvent des Célestins juste à côté. Après sa mort, sa fille hérite de la maison. En 1403, les Célestins achètent sa maison et l'intègrent au couvent. La "grande salle" devient le réfectoire en 1409.
Le couvent est reconstruit dans la seconde moitié du XVe siècle, devient une caserne au XIXe siècle, un hôpital au XXe siècle.
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Maison de Colignon Cassamus le ménestrel
En 1371, le cartulaire de la cathédrale mentionne que le ménestrel Colignon Cassamus loue au chapitre une maison située Cour de Ranzières. L'épitaphe de Colignon, conservée à la cathédrale, rappelle fièrement qu'il avait joué à la cour de l'empereur Charles IV de Luxembourg et à celle du roi Alphonse XI de Castille.
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Maison de Claude Le Gronnais La maison de Claude Le Gronnais, rue Mazelle, est connue grâce à une borne de non-mitoyenneté découverte en 1628. Celle-ci, datée de 1509, affirmait que le mur de sa propriété n'était pas mitoyen mais lui appartenait.
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Maison de Bibra
Au milieu du XVe siècle, le noble allemand Philippe de Bibra épouse une Messine, Isabelle Desch, et construit une maison de plaisance juste à la sortie de la ville, sur la route d'Allemagne, à côté de la porte des Allemands. En 1542, les ambassadeurs des Etats protestants d'Allemagne y sont hébergés et négocient pour entrer en ville : il s'agit d'obtenir la liberté de culte pour les Protestants messins. Leur entrée en ville provoque une panique.
La maison est démolie lors du siège de 1552.
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Maison canoniale n°9 La maison canoniale n°9 était située dans la rue des Prêcheurs avec un accès depuis la Nexirue, aujourd'hui 4 rue aux Ours, à côté de la n°8. La maison possède une importante cave, mesurant 15 mètres sur 8, dotée de corbeaux à mi-hauteur, semblables à ceux de la cave du 12 rue aux Ours (maison n°37). Enfin, la maison est l'une des rares à avoir gardé sa façade ancienne même si elle a été remaniée avec le temps.
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Maison canoniale n°8
Cette maison canoniale est située rue des Prêcheurs, à la main gauche en allant vers le couvent des Prêcheurs, actuellement au 8 rue aux Ours. Sa taxe d'achat s'élevait à 30 livres. Elle possédait un hôtel entre cour et jardin. Elle faisait partie des maisons possédant une forme générale en L pour les bâtiments principaux, les structures accessoires se désolidarisent du reste par leur emplacement ou leur aspect.
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Maison canoniale n°7, dite Hôtel de Gargan Ce grand hôtel urbain est situé au 9 en Nexirue, dans le quartier dominé au Moyen Âge par les chanoines de la cathédrale. Deux maisons appartenant au domaine du chapitre s'élève à cet endroit au XVe siècle, dont celle occupée par Simon Noiron en 1408. Selon le règlement du chapitre, elles sont vendues en viager à un chanoine. Vers 1477, date la mort du chanoine Nicolle Desch, trésorier du chapitre, les deux maisons sont fusionnées. Le vaste hôtel ainsi constitué est réaménagé par le chanoine Jacques d'Insming vers 1500.
À l'époque moderne, l'hôtel devient une salle de jeux (jeu de paume, tripot, comédie) et son origine médiévale se perd. Au XIXe siècle, il a été habité par le baron de Gargan, qui lui a donné son nom. Plusieurs pièces médiévales sont alors démolies, dont Auguste Prost a recueilli des descriptions. L'hôtel est actuellement occupé par une résidence privée.
La façade est inscrite au titre des Monuments historiques : elle est typique des grandes maisons messines de la fin du Moyen Âge. Un porche s'ouvre au rez-de-chaussée. L'étage noble est éclairé par une série de fenêtres géminées séparées par une colonnette torse, qui est (conservée dans la partie droite du bâtiment seulement. L'attique est doté de grandes fenêtres à tympan trilobé. Le mur écran dissimule le toit et se termine par un crénelage. Sa taxe d'achat s'élève à hauteur de 50 l en 1330. La maison possède une cour secondaire avec un crénelage et des fenêtres à tympans, ainsi qu'un porche à portique (aujourd'hui muré) et également une tour qui a été abattue en 1839.
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Maison canoniale n°6, dite la Pierre Hardie Cette maison canoniale est mentionnée dès 1293, puis en 1330 et 1408. La parcelle comprenait un hôtel, une cour et un jardin. En 1408, elle est possédée par le chanoine Jean de Velone. Sa taxe d'achat s'éleve alors à 30 livres. Jean de Hombourg y fonde une chapelle, Sainte-Ursule-et-les-Onze-Milles-Vierges.
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Maison canoniale n°5, rue des Prêcheurs
Cette maison canoniale était située au 3 rue aux Ours, dans l'ancienne rue des Prêcheurs. L'hôtel lui-même donne sur la rue ; jardin et cour occupent les côtés de la parcelle. La cave se situe sous le corps de bâtiment gauche, comme à l'Hôtel de Gargan. La maison a été réalignée au XVIIIe siècle et a perdu son passage couvert au profit d'un simple mur écran. La maison n°5 est voisine de la maison canoniale n°4.
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Maison canoniale n°40/41, rue des Clercs
Cette maison canoniale était située devant le puits, au 19 rue des Clercs. Elle était peutêtre constituée d'un hôtel donnant sur la rue. Le chanoine Gilles de Liège l'habite de 1349 à son décès en 1381. Le chapitre décide alors de ne plus l'affecter à un chanoine mais de la mettre en location, en veillant à ce qu'elle ne soit pas louée à un boucher, un boulanger, un forgeron, un huillier ou un savetier. De fait, la maison est ensuite acensée à un couple noble. En novembre 1382, le chapitre la cède en bail à Jean Coillart de Cambrai, écuyer, et sa femme de Lussey, écuyer.
La maison n'est pas identifiée par G. Frantzwa qui lui attribue le n°40. L'acte d'acensement de 1382, conservé dans le censier de la cathédrale, permet de la localiser à côté de la maison canoniale n°29, rue des Clercs.
Elle est à nouveau attribuée à un chanoine entre 1433 et 1449 (maison canoniale n°41 de G. Frantzwa). Un capitulaire de la mi-mai 1433 en fait une maison canoniale, sans qu'on sache qui y habite alors. Une seconde conclusion du 9 août 1448 lui enlève ce statut en raison des nombreuses maisons canoniales déjà vacantes.
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Maison canoniale n°4
La maison est au coin des rues actuelles de la Pierre-Hardie et aux Ours (ancienne rue des Prêcheurs). L'hôtel, autour d’une cour-jardin centrale, est situé en bordure de rue et s'étend sur les côtés d'une parcelle de forme irrégulière. Elle appartient en 1408 à Bertrand de Tournay, qui doit payer une taxe de 50 l. pour l'acheter.